L’ONG a enquêté sur 70 usines à Phnom Penh et aux alentours, parlant à plusieurs centaines d’ouvriers. Sa conclusion : le gouvernement cambodgien doit faire plus pour s’assurer que les lois du travail sont respectées.

Au Cambodge, les lois du travail sont bafouées. Et les ouvriers du textile sont ainsi victimes de graves abus. Heures supplémentaires obligatoires, harcèlement, discriminations : Human Rights Watch vient de publier un rapport qui décrit la situation.

Phil Robertson, directeur adjoint de la section Asie pour l'ONG, explique : « Ce que nous avons découvert, c’est une corruption systématique des inspecteurs du travail, qui ont mis en place un système dit 'd’enveloppes' grâce auxquelles ils reçoivent des pots de vin pour regarder ailleurs en cas de violations des droits du travail. Et ces violations sont importantes : ce sont des femmes licenciées parce qu’elles sont enceintes, des gens qui perdent leur travail parce qu’ils tentent de créer des syndicats ou d’affirmer leurs droits dans leur usine. Il y a aussi des gens auxquels on ne donne pas assez de temps pour manger ou faire de pauses aux toilettes, des gens qui travaillent dans la saleté ou dans des conditions dangereuses. Des cas de harcèlement sexuel aussi, et de violences physiques ».

Pour l'ONG, certaines marques comme Adidas ont cependant progressé. Elles vérifient les conditions de travail dans les usines où elles font leurs commandes et mettent en place une protection pour les lanceurs d’alerte qui avertissent des violations des droits dans les usines. « Mais d’autres marques, comme Joe Fresh au Canada, ou Marks&Spencer et Armani en Europe, ne réagissent pas à nos rapports d’une manière qui montrerait qu’ils tentent de protéger les travailleurs qui confectionnent leurs produits », regrette-t-il.

Radio France Internationale - 12 mars 2015