La Commission européenne a annoncé avoir décerné un «carton jaune» à la Thaïlande, lançant ainsi une procédure contre la pêche illégale, pouvant déboucher sur la fermeture du marché européen aux exportations thaïlandaises de produits de la mer. les exportations ont représenté quelque 642 millions d'euros en 2014.

«Un échec de la Thaïlande à prendre des mesures fortes contre la pêche illégale entraînera des conséquences», a mis en garde le commissaire à la Pêche, Karmenu Vella, lors d'un point de presse.

«Claires défaillances»

Bangkok aura six mois pour mettre en place «un plan d'action correctif», proposé par les services européens, selon un communiqué de la Commission. Le pays, avec lequel Bruxelles discute depuis 2011, se voit reprocher de «claires défaillances» en matière de lutte contre la pêche illégale, négligeant ainsi ses obligations internationales.

Dans le cadre de sa lutte contre la pêche illégale, estimée constituer au moins 15% des captures au niveau mondial, soit entre 8 à 19 milliards d'euros par an, Bruxelles a déjà fermé depuis mars 2014 son marché aux produits de pêche du Cambodge, de la Guinée et du Sri Lanka, et interdit leurs eaux aux flottes de pêche de l'UE.

D'autres pays ont pris des mesures

Bruxelles avait aussi lancé une procédure de «carton jaune» contre la Corée du Sud, en 2013, et les Philippines, en 2014. Mais «ces deux pays ont fait les réformes appropriées» et sont «désormais équipées pour lutter contre la pêche illégale», ce qui met fin au litige, a annoncé Karmenu Vella.

«En utilisant le poids de son marché, l'UE devient un acteur important» pour garantir la sauvegarde des ressources halieutiques mondiales, s'est félicité Karmenu Vella.

La Thaïlande est aussi régulièrement mise en cause par les défenseurs des droits humains, accusée de fermer les yeux sur le travail forcé à bord de ses bateaux de pêche, notamment dans le juteux secteur de la crevette.

Agence Télégraphique Suisse - 22 avril 2015