Depuis 2002, la Société financière internationale (SFI) a investi 26,95 millions de dollars dans DCGL et dans l’un des fonds de l’entreprise, le Vietnam Enterprise Investments Ltd (Veil). DCGL-Veil détient 6 % de parts dans Hoàng Anh Gia Lai (Hagl), une des plus grandes sociétés du Vietnam. Par l’intermédiaire de plusieurs filiales, détenues en partie ou en totalité, Hagl possède des concessions de 50 000 hectares de terres pour l’exploitation de plantations d’arbres à caoutchouc, de canne à sucre et de palmiers à huile au Cambodge et au Laos.

« Une part considérable des concessions de Hagl au Cambodge et au Laos empiète sur les terres dont dépendent les communautés locales et qui, selon ces dernières, leur appartiennent légalement, y compris des terres ancestrales de peuples autochtones », indique le rapport d’Oxfam. Le développement des plantations d’Hagl a affecté une vingtaine de villages (15 000 personnes) dans la province de Ratanakiri, au Cambodge, ainsi que dans les provinces d’Attapeu et de Xelong au Laos. « La perte des terres, des forêts et la pollution des cours d’eau par les produits chimiques utilisés dans les plantations d’Hagl ont considérablement réduit la capacité des résidants locaux à cultiver, chasser, pêcher et récolter de la résine », dénonce Oxfam.

En février 2014, des communautés cambodgiennes ont déposé une plainte auprès de l’organisme de surveillance de la SFI. « Nous sommes aujourd’hui cernés par les multinationales. Elles se sont emparées des terres et des forêts de notre communauté. Nous craignons bientôt de ne plus avoir de terres du tout et de perdre notre identité. Est-ce là l’idée que se fait la Banque mondiale du développement ? » demande un des plaignants. Depuis cette requête, une première rencontre a été organisée au début de l’année entre Hagl et les villageois concernés pour tenter de résoudre ce conflit dans un cadre officiel. Mais au Laos, rien ne semble bouger.

Par Damien Roustel - L'Humanité - 20 Avril, 2015