La Banque de Thaïlande a indiqué mercredi dans un communiqué que les membres du comité de politique monétaire avaient voté à 5 contre 2 en faveur d’une baisse du taux de 1.75 à 1.50%, soit son niveau le plus bas depuis juillet 2010.

Cette décision est intervenue quelques heures à peine après que le ministère des Finances a revu à la baisse ses prévisions de croissance pour 2015 à 3.7% contre 3.9% précédemment.

Cette nouvelle baisse des taux d’intérêt a surpris la plupart des analystes. Dans un sondage réalisé par Bloomberg auprès de 20 économistes de la région, 18 d’entre eux disaient s’attendre à ce que la banque centrale thaïlandaise maintienne le taux directeur compte tenu du fait qu’elle avait déjà effectué une baisse de 25 points de base en mars (lire notre article).

Les militaires, qui ont pris le pouvoir en mai 2014 après sept mois de manifestations bloquantes marquées par des irruptions de violence, avait juré de relancer l’économie.

Mais en plus d’une forte baisse du tourisme depuis les manifestations, la mise en vigueur de la loi martiale jusqu’en mars, et le coup d’Etat qui a suivi, la junte n’a pas réussi à faire repartir la croissance.

En février, le ministre des Finances avait dit que le chef de la junte, Prayut Chan-O-Cha, lui avait demandé de mettre la barre à 4% de croissance pour 2015, objectif que nombres d’experts avaient jugé optimiste.

La Banque Mondiale estime que la Thaïlande devrait atteindre une croissance autour de 3.5% en 2015.

Dans son communiqué, la Banque de Thaïlande indique que l’économie devrait se redresser "à un rythme plus lent" qu’initialement estimé en raison des exportations plus faibles que prévu, du faible niveau de confiance des ménages et des pressions inflationnistes.

Mais selon Krystal Tan, une économiste de Capital Economics, il y a toujours de quoi être optimiste pour voir la tendance s’inverser, "aidée par une augmentation des dépenses publiques, une embellie du tourisme, et des baisses précédentes des taux d’intérêt".

Certains analystes politiques estiment que la fébrilité prolongée de l’économie pourrait bien mettre la junte en position difficile au moment où elle cherche à faire passer une nouvelle Constitution avant la tenue d’élections annoncée pour l’année prochaine.

Lepetitjournal.com avec Agence France Presse - 29 avril 2015