Pour mémoire, cela fait une quinzaine d’années que le Vietnam possède un embryon d’industrie automobile. Les constructeurs, alléchés par les perspectives de croissance (et la saturation des marchés limitrophes) y ont ouvert des usines d’assemblage. Depuis, les résultats sont décevants. Seuls 2% des 90 millions de Vietnamiens possèdent une voiture. La main d’œuvre est peu qualifiée et les équipementiers hésitent à venir. D’autant plus que la politique industriel se limite à des incantations. Du coup, les sites d’assemblage restent des « usines tournevis ». Jusqu’ici, le Vietnam surtaxait les véhicules importés.

En 2018, les barrières tarifaires disparaitront. La plupart des constructeurs disposent d’usines en Thaïlande. Un véhicule assemblé au Vietnam est 20% plus cher qu’un véhicule produit en Thaïlande. Les sites vietnamiens semblent condamnés. Alors qu’en 2025, le PNB par habitant devrait dépasser le seuil fatidique de 3 000$ (2 700€) au-delà duquel il y a un équipement massif en automobile.

Maruta Yoshihisa, PDG de Toyota Motor Vietnam (TMV), rédige une lettre ouverte au ministre de l’industrie. Il l’implore de réduire les impôts et charges. L’objectif étant de faire baisser le prix de revient de 1 000$ (915€) par voiture, afin de conserver un avantage compétitif. Dans ce cas-là, TMV pourrait maintenir l’assemblage de deux modèles. Puis, en 2025, il serait capable d’ouvrir un site de production d’une capacité de 100 000 véhicules par an, avec un fort taux d’approvisionnement local. Sinon, il ne maintiendrai qu’un seul modèle à l’horizon 2020, à la cadence de 15 000 unités par an. Puis la production baissera jusqu’à une fermeture du site en 2025.

Par Joest Jonathan Ouaknine - Leblogauto.com - 27 Mai 2015