La vidéo de l’agression, filmée par une caméra de surveillance et postée sur les réseaux sociaux, a déclenché la colère de l’opinion publique. Elle a précipité la chute de ce jeune magnat de l’immobilier qui s’est rendu aux autorités après avoir fui à Singapour. Il risque cinq ans de prison. Ce fait divers est devenu un sujet de société.

Le combat de la jeune animatrice de télévision SaSa contre la violence du riche homme d’affaires Sok Bun n’est plus un fait divers, c’est un sujet de société.

D’abord parce que SaSa est une femme courageuse. Au péril de sa vie, elle protège une amie contre les avances de Sok Bun. Elle est frappée au visage, traînée par terre et ruée de coups sur tout le corps, sous la menace d’une arme.

Quelques jours après avoir porté plainte, la victime poste sur internet la vidéo de l’agression enregistrée par une caméra de surveillance. Les images d’une brutalité inouïe se transmettent massivement via les réseaux sociaux. Elles choquent autant dans le pays qu’à l’étranger.

L’histoire de SaSa raconte celle de nombreuses Cambodgiennes qui n’ont ni son statut social ni sa popularité et qui subissent la violence en silence. Elle rappelle que cette violence reste un problème majeur au Cambodge.

Mais l’affaire prend aussi de l’ampleur parce que dans un pays où l’argent est réputé tout acheter, la société refuse l’impunité de la même manière que SaSa refuse les 37 000 puis 92 000 euros de compensation offerts par son assaillant. Elle réclame justice.

Même le Premier ministre Hun Sen a averti que l’argent ne réglerait pas le litige. C’est une première. Etre riche ne garantit plus d’échapper à la justice.

Par Anne-Laure Porée - Radio France Internationale - 19 Juillet 2015


Cambodge : arrestation du magnat qui avait passé à tabac une star de la TV

Sa cavale n'aura pas duré longtemps. L'homme d'affaires Sok Bun, 37 ans, auteur d'une agression sur la star de la télé cambodgienne Sasa, qui était parti à Singapour dans l'intention apparente d'échapper aux poursuites, a été arrêté à son retour à l'aéroport de Phnom Penh.

«Il a été remis à la justice, et fait face à des accusations de violences ayant entraîné volontairement des blessures», a déclaré le porte-parole de la police nationale, Kirt Chantharith. La star de télévision Ek Socheata, plus connue sous son nom de scène SaSa, accuse Sok Bun et son garde du corps de l'avoir frappée et piétinée dans un restaurant de Phnom Penh au début du mois.

«Sa façon de me frapper n'était pas destinée à me faire peur, mais à me tuer», a-t-elle déclaré à l'AFP. Cette agression a fait scandale au Cambodge, après le partage sur les réseaux sociaux d'une séquence vidéo montrant la scène. Le Premier ministre, Hun Sen, est allé jeudi jusqu'à demander à l'agresseur de se rendre. L'attaque remontait au 2 juillet dernier : Sok Bun, ivre, avait commencé par faire des avances à une amie japonaise, avant de se déchaîner contre l'actrice, selon cette dernière.

Dans ce pays où les violences envers les femmes sont communes, elle a lancé le débat en publiant sur Facebook les images montrant la façon dont il l'a rouée de coups de pied, ainsi que des photos de ses plaies. Sok Bun, au travers de communiqués diffusés par son avocat, a admis être l'auteur de l'agression et a demandé pardon. Il a aussi affirmé avoir proposé 100.000 dollars en dédommagement à SaSa, et indiqué qu'il avait démissionné de plusieurs sociétés.

SaSa de son côté a assuré que le montant proposé avait atteint jusqu'à 200.000 dollars, mais a déclaré qu'elle n'avait pas accepté d'argent. «Il faut laisser les juges faire leur travail. Tout ce que je veux, c'est que justice soit faite», a-t-elle déclaré samedi.

Le Parisien - 18 Juillet 2015