«L'édition du jour n'a pas été imprimée en Thaïlande car elle inclut un article que notre imprimeur local a jugé trop sensible pour être imprimé», annonce le New York Times dans une lettre à ses abonnés.

Dans cet article qui aurait dû paraître en Une de l'édition Asie du New York Times, le correspondant du quotidien à Bangkok évoque la multiplication récente des bulletins de santé se voulant rassurants sur la santé du souverain, hospitalisé depuis des mois et devenu quasi-invisible, à part de rarissimes apparitions muettes dans son fauteuil roulant. Le monarque, considéré comme le ciment d'une Nation très divisée, est hospitalisé depuis mai à Bangkok pour une infection du sang et pulmonaire. Ces dernières années, le roi a été hospitalisé à plusieurs reprises pour divers problèmes de santé, notamment une précédente infection pulmonaire et plus récemment de l'hydrocéphalie.

Le roi Bhumibol Adulyadej est présenté comme un demi-dieu depuis des décennies, ses portraits sont omniprésents et le culte de sa personnalité a été renforcé depuis le coup d'Etat du 22 mai 2014, mené au nom de la défense de la monarchie. Le sujet de sa succession est également extrêmement sensible. Le New York Times évoque mardi la question de la personnalité du prince héritier, Maha Vajiralongkorn, âgé de 63 ans. La monarchie thaïlandaise est protégée par une des lois de lèse-majesté les plus sévères au monde, qui a pour conséquence une importante autocensure des médias, y compris étrangers. En août, un homme a été condamné à 30 ans de prison et une femme à 28 ans après avoir publié plusieurs messages sur Facebook jugés insultants pour la famille royale.

Le Figaro avec Agence France Presse - 22 septembre 2015