Certains réalisateurs ont promis qu’ils reviendront au Vietnam dès ce mois de janvier 2016 pour tourner dans certains endroits pittoresques, a précisé Mme Smita Pant lors de la cérémonie de clôture du 1er Festival du film indien au Vietnam qui a eu lieu fin décembre dernier.

«Le réalisateur Peter Hiên, d’origine vietnamienne, m’a dit avoir quatre films dans lesquels de nombreuses scènes seront tournées dans des pays d’Asie du Sud, dont un film d’action dont des scènes auront lieu dans la grotte Son Doong, de la province centrale de Quang Binh», a-t-elle ajouté.

Explorer l’industrie cinématographique

Le Festival du film indien au Vietnam 2015 était co-organisé par le ministère vietnamien de la Culture, des Sports et du Tourisme et le Département général des festivals cinématographiques du ministère de l’Information et de la Radiodiffusion de l’Inde.

Le Festival du film indien, d’une durée de 12 jours, a été organisé pour encourager les cinéastes indiens à tourner au Vietnam, ainsi qu’à inciter les artistes vietnamiens à explorer l’industrie cinématographique indienne, laquelle devrait générer plus de cinq milliards de dollars d’ici à 2019.

«Pendant ce festival, la délégation indienne a salué leur accueil chaleureux comme la diversité culturelle au Vietnam, annonçant envisager de recourir à des acteurs vietnamiens célèbres dans les tournages de Bollywood», a déclaré la diplomate.

Mme Smita Pant a également proposé qu’un festival du film vietnamien soit organisé en Inde afin de promouvoir le tourisme et la coopération culturelle, ainsi que renforcer les échanges entre les deux peuples.

Promouvoir le tourisme par le cinéma

Au cours du festival du film indien au Vietnam, des débats et des tables rondes à Hanoi et à Hô Chi Minh-Ville entre Indiens et Vietnamiens ont été organisés pour discuter de la coopération au tourisme et dans le cinéma, au cours desquelles les deux parties ont échangé des idées très intéressantes.

Lors du débat «Promouvoir le tourisme par le cinéma» du 19 décembre 2015 à Hanoi, Ngô Phuong Lan, directrice du Département du cinéma du Vietnam, a souligné que «les réalisateurs indiens ne devraient pas seulement considérer le marché vietnamien pour son coût social raisonnable ou ses beaux paysages. Ils devraient le considérer, au contraire, comme un nouveau terrain à explorer».

«Les jeunes Vietnamiens sont plus axés sur les films d’Hollywood, ou des films japonais et sud-coréens. Qu’est-il arrivé aux films indiens ?» s’est interrogée l’ambassadrice d’Inde, Preeti Saran.

Le nombre de touristes indiens au Vietnam a connu une croissance annuelle moyenne de 50%, passant de 12.000 entrées en 2007 à 55.000 en 2014, 75.000 étant attendues cette année. Cependant, selon l'ambassadrice d’Inde, les touristes indiens ne représentent que 0,07% des arrivées internationales au Vietnam, et 0,03% des Indiens voyageant à l’étranger.

«C’est un chiffre modeste», a-t-elle poursuivi, mais qui révèle les potentiels prometteurs de l’industrie du tourisme en termes de développement.

Mme Preeti Saran a pris l’exemple des Espagnols dont le nombre a augmenté de 32% depuis qu’un film indien de Bollywood avait été tourné en Espagne en 2011. En outre, l’industrie du cinéma indien a également entraîné des phénomènes similaires avec les touristes originaires de Suisse et du Royaume-Uni.

Soutenir les cinéastes étrangers

Selon Ngô Phuong Lan, le Vietnam possède 384 studios de production qui tous peuvent travailler avec des cinéastes indiens.

Il est souhaitable que les réalisateurs indiens préparent un bon compte rendu en anglais, ce qui permettrait de réduire la durée de délivrance de l’autorisation de tournage. «Plusieurs films ont été approuvés, principalement du fait de la suppression de la barrière de la langue», a ajouté Mme Lan.

En termes de censure, elle a indiqué qu’elle ne serait pas une grande préoccupation, car le film français L’Amant, tourné en 1992 au Vietnam, n’a pas soulevé de préoccupations de la part des administrations concernées, bien qu’il ne fût pas dépourvu de scènes érotiques.

Mme Lan a affirmé que son ministère fait de son mieux pour soutenir les cinéastes étrangers souhaitant tourner au Vietnam afin de diffuser l’image du pays dans le monde.

«Les secteurs du cinéma et du tourisme doivent travailler ensemble à l’élaboration de plans de long terme afin de promouvoir la beauté naturelle du Vietnam grâce aux films», a-t-elle ajouté.

Nguyên Hoàng Diêp, réalisatrice du film Dâp canh giua không trung (Battement d’ailes dans les airs), qui a remporté le prix du «Meilleur film» à la Semaine internationale de la critique de la Mostra de Venise 2014, a souligné que les installations et l’expérience des producteurs de films vietnamiens n’étaient pas inférieurs à ceux des pays étrangers, excepté pour la post-production et le montage sonore.

Agence Vietnamienne d'Information - 17 janvier 2016