Les menaces de boycott lancées par la Commission européenne semblent avoir décidé la junte au pouvoir à agir.

C’était il y a un peu moins d'un an, au mois d'avril précisément. La Commission européenne avait tapé du poing sur la table et lancé un ultimatum à la junte au pouvoir en Thaïlande. Soit celle-ci mettait un terme au travail forcé dans le secteur de la pêche, soit le marché européen se passerait du thon et des crevettes en provenance de Thaïlande, le troisième producteur mondial de produits de la mer.

Les témoignages recueillis ces dernières années par les organisations de défense des droits de l'homme sont accablants. Des milliers d'immigrés birmans et cambodgiens seraient réduits en esclavage, drogués, torturés, capturés puis vendus pour quelques centaines d'euros aux capitaines des bateaux qui fournissent les fermes de crevettes en poissons. Des travailleurs illégaux prisonniers, battus, témoins de meurtres, condamnés à des journées de travail sans fin avec la complicité de responsables achetés à coup de pots-de-vin.

Une délégation de la Commission européenne s'est rendue le mois dernier en Thaïlande pour vérifier que des mesures avaient été prises pour faire cesser ces trafics humains, mais aussi de pêche illégale. La centaine de personnes arrêtées suffira-t-elle à convaincre Bruxelles que la Thaïlande a fait le nécessaire ? La délégation n'a pas dit quand elle rendrait sa décision.

Radio France Internationale - 2 Février 2016


Nestlé admet l'esclavage en Thaïlande

L'entreprise suisse Nestlé a été applaudie pour avoir admis que le travail forcé était utilisé dans l'industrie de la pêche en Thaïlande mais, pour le reste, sa chaîne d'approvisionnement demeure dans l'ombre.

Nestlé, l'un des principaux acteurs de l'agroalimentaire mondial, n'a pas hésité à affirmer que suite à une investigation spéciale, l'utilisation du travail forcé dans sa chaîne d'approvisionnement en Thaïlande avait été confirmée. Ainsi, les consommateurs achetaient des produits éclaboussés de sang et de sueur des pauvres, non payés et maltraités.

En dénonçant le fait que ses clients ont pu se procurer des biens produits dans des conditions de travaux forcés, l'entreprise annonce se diriger vers une nouvelle ère de contrôle de ses chaînes d'approvisionnement, rapporte le Guardian.

Mais qu'a dénoncé précisément cette enquête réalisée pendant une année entière? En particulier, elle a confirmé que l'industrie de la pêche en Thaïlande était marquée par le travail forcé, par la traite d'êtres humains, ainsi que par le travail servile voisinant l'esclavage dans la production de nourriture pour chats de la marque Fancy Feast, une filiale de Nestlé.

L'entreprise Nestlé a d'ailleurs fait savoir que toute autre société qui se fournit auprès de pêcheurs thaïlandais pourrait courir le même risque lié à l'esclavage lors de la production de ses produits.

L'enquête a été réalisée par l'organisation Vérité qui s'emploie à aider diverses entreprises dans l'établissement ainsi que l'amélioration de la transparence de leurs chaînes d'approvisionnement.

Sputnik France - 1er Février 2016