L’affaire, qui a bénéficié de nombreux comptes-rendus dans la presse officielle, enflamme l’opinion publique, qui la commente abondamment en soulignant la jeunesse et la bonne volonté du coupable.

Le jeune garçon avait été jugé en première instance au mois de novembre dernier. Les quatre années et six mois de prison infligés par le tribunal ont provoqué une vague d’indignation dans l’opinion publique. On attendait donc avec impatience le verdict du procès en appel qui devait se tenir au tribunal provincial de Long An le 1er février 2016. Or, dans la matinée du jour prévu pour le procès, un communiqué annonçait le report du procès à une date ultérieure. Bien que les raisons n’en aient pas été énoncées, beaucoup voient dans cet ajournement le résultat des appels lancés aux autorités judiciaires par de nombreuses personnalités, en particulier par un groupe d’avocats.

Les parents ont été jugés et condamnés à la prison dès le mois de septembre. Leur fils Tuân, d’abord soigné pour une dépression nerveuse, a comparu devant le tribunal de première instance de Thanh Hoa le 22 novembre 2015, pour blessures volontaires avec préméditation (article 104, alinéa 3 du Code pénal). La lourde peine à laquelle il a été condamné, quatre ans et six mois de prison, assortie d’une obligation d’indemnisation de 42 600 000 dongs (1 700 euros) au policier blessé, a surpris tout le monde, y compris la presse officielle.

Comme en a témoigné tout son entourage et la plupart des commentaires, le geste du jeune Tuân avait pour but de protéger les membres de sa famille. Le 14 avril 2015, les parents de Tuân s’étaient opposés à une expropriation ordonnée par le district de Thanh Hoa. Au cours du conflit opposant les forces de l’ordre, déployées en nombre, à la famille, le jeune garçon avait versé sur le chef de la police l’acide contenu dans une tasse se trouvant à l’intérieur de la maison. Les experts médicaux évalueront plus tard à 10 % le taux d’invalidité du policier blessé par l’acide. La police avait alors arrêté les douze personnes de la famille. Dans un procès qui a eu lieu le 16 septembre 2015, ils furent condamnés au total à 27 années de prison ferme et à six années et six mois de détention avec sursis. Le jeune adolescent ne fut arrêté que plus tard. Son procès avait débuté le 21 novembre.

Parmi les réactions suscitées par la condamnation du jeune adolescent, il faut citer celle de onze juristes vietnamiens. Le 21 décembre dernier, après le procès de première instance, onze avocats provenant de différents barreaux (Saigon et d’autres villes) ont signé ensemble une requête demandant de mettre un terme immédiat à la détention du jeune Nguyên Mai Trung Tuân et de le libérer jusqu’à ce que la justice donne ses conclusions définitives sur l’affaire. La demande a été envoyée au Tribunal populaire et au Parquet populaire de la province de Long An. En plus des raisons humanitaires déjà avancées par les médias locaux, les avocats font valoir, dans cette lettre, plusieurs principes de droit non respectés par les juges dans ce procès.

Agence Eglise d'Asie - 5 Février 2016