Fin 2015, cinq entreprises françaises (SVA-Jean Rozé, Bigard, Charal ou encore Socopa) se sont rendues à Hô Chi Minh-Ville et Hanoi, pour promouvoir la viande bovine française auprès de la presse et des importateurs vietnamiens. Elles ont pu visiter la grande distribution, les épiceries fines spécialisées dans l’import de produits frais et les distributeurs spécialisés en import surgelé de viande, très fréquent.

La France est heureuse de pouvoir fournir la clientèle vietnamienne en viande de qualité. Il faut dire que la viande bovine française, c’est l’engagement de tous les acteurs de la filière viande pour la confiance du consommateur. Ce sont de bonnes pratiques avec un savoir-faire français et le respect des animaux, depuis la fourche de l’éleveur jusqu’à la fourchette des consommateurs. C’est surtout l’assurance de goûter au «travail bien fait».

Une traçabilité à toute épreuve

Les exportateurs français sont ainsi très respectueux de ces fameuses démarches de traçabilité individuelle de la ferme française jusqu’au morceau de viande acheté par l’importateur vietnamien. Ils assurent des normes sanitaires françaises et européennes très rigoureuses avec des contrôles officiels menés par les vétérinaires de la Direction Générale de l’Alimentation française (DGAL), un des seuls services d’état au monde accrédité ISO CeI 17020.

Et comme si cela ne suffisait pas, des contrôles complémentaires sont aussi assurés par des organismes indépendants.

En France, la traçabilité est obligatoire pour l’ensemble de la filière depuis 2005. Tout produit exporté bénéficie des mêmes garanties de traçabilité qu’un produit pour le marché national. Elle s’appuie sur un système d’identification complet comprenant boucle des animaux et passeport sans lequel ils ne peuvent pas circuler. La traçabilité des viandes est rigoureuse grâce aux enregistrements des informations, des numéros de lot, de l’étiquetage.

Par ailleurs, tous les établissements des filières viande, depuis l’alimentation animale jusqu’aux produits transformés, sont agréés par les pouvoirs publics. De plus, les services vétérinaires effectuent un ensemble de contrôles inopinés à chaque point-clé.

Il existe aussi une inspection permanente réalisée en abattoir, qui permet d’assurer, de façon indépendante, le retrait systématique de tous produits susceptibles de présenter un risque.

La France possède le cheptel bovin le plus important d’Europe : un tiers des vaches à viande d’Europe sont en France, avec 22 races répondant aux noms évocateurs des terroirs français comme la Charolaise, la Blonde d’Aquitaine, la Normande, la Limousine ou encore la Salers.

Des produits qui ont du caractère

À l’image de la richesse des paysages français, les races françaises promettent une totale diversité de saveurs : de la plus fondante tendreté au plus rustique caractère.

Ainsi existe-t-il une multitude de qualités gustatives et chacune des races a des saveurs distinctes à offrir. Chaque race s’adapte à son terroir pour donner le meilleur d’elle-même.

Le rôti de Blonde d’Aquitaine est ainsi une véritable petite merveille de saveur avec la finesse de son grain et sa tendreté qui ravissent les gourmands comme les gastronomes. S’il s’agissait d’un filet de race Salers, il serait plutôt juteux et reconnaissable à sa couleur soutenue. Et que serait une côte de bœuf sans son persillé, ce soupçon de gras (mais sans trop, c’est une spécificité française !) qui exalte son goût et sa texture.

Pour arriver à assembler toutes ces qualités, c’est simple : il faut s’assurer d’avoir des modes de production respectueux de l’environnement et du bien-être des animaux. Ainsi, il faut les nourrir de manière saine et adaptée à leurs besoins, se préoccuper au quotidien de la santé et du confort du bétail, leur épargner toute situation de stress évitable et être bien évidemment soumis aux contrôles des services de l’État.

Les races à viande françaises sont nourries à 80% d’herbe et de foin, et à 92% de produits de la ferme où elles sont élevées. Il est interdit de donner des protéines animales aux bovins depuis 25 ans. Par ailleurs, l’Union européenne a une réglementation très stricte, certainement la plus exigeante au monde. Elle interdit depuis plus de 20 ans l’utilisation d’hormones de croissance. Les antibiotiques comme accélérateurs de croissance sont interdits dans l’alimentation des bovins depuis 2006.

Grâce à ces différentes actions, la viande bovine française se fait sa place sur le marché et les consommateurs n’hésitent plus à la demander au chef de rayon boucherie des supermarchés. Pour mémoire, le Vietnam est le 4e importateur mondial de viande bovine (880.000 tonnes par an) derrière les États-Unis, la Chine et la Russie. Cela ne s’invente pas.

Par Ilona Blanquet & Hervé Fayet - Le Courrier du Vietnam - 12 Février 2016