Non, ce n’est pas le scénario d’un (mauvais) film de science-fiction. Selon le Professeur Trinh Hông Son, directeur du Centre national de coordination sur la greffe d’organes (ministère de la Santé), le neurologue italien Canavero et le chirurgien chinois Ren Xiaoping vont réaliser la première tentative de transplantation de tête humaine sur un corps en décembre 2017 à l’Université médicale d’Harbin, dans la province de Heilongjiang en Chine. La procédure devrait durer 36 heures et mobiliser 150 médecins, spécialistes et infirmières. Coût de l’intervention : 11 millions de dollars.

Le patient, un informaticien russe du nom de Valery Spiridonov, 30 ans, souffre de la maladie de Werdnig-Hoffmann, une affection génétique rare responsable d’atro-phie musculaire. Aujourd’hui, n’étant plus qu’en mesure de bouger la tête, il est prêt à tenter ce pari fou pour retrouver sa mobilité.

Mission impossible ?

Mais l’intervention est d’une incroyable complexité. Il faudra en premier lieu refroidir le corps du patient et la tête, qui sera ensuite sectionnée au niveau du cou. La prochaine étape consistera à placer la tête du destinataire sur le corps du donneur et à réunir les deux extrémités de la moelle épinière. Enfin, il s’agira de recoudre les muscles et de rétablir la circulation sanguine. L’équipe devra par ailleurs injecter des produits pour protéger le système immunitaire et éviter des réactions de rejet.

À ce jour, une telle transplantation n’a été testée que sur des animaux. Dans les années 1970, un singe est mort neuf jours seulement après la greffe. Depuis 2013, le Professeur Xiaoping s’exerce sur des souris. Mais les résultats sont loin d’être rassurants pour sa prochaine opération, puisqu’aucun rongeur n’a pour le moment survécu...

«Au Vietnam, les médecins suivent attentivement cette transplantation de tête humaine qui, en cas de succès, serait une première pour l’humanité. Si l’opération aboutit, le Vietnam est prêt à élaborer un plan de greffe de tête et d’inviter l’équipe de chirurgiens à lui transférer les techniques opératoires et post-opératoires», informe le Professeur Trinh Hông Son.

À noter que le Vietnam a réalisé ces cinq dernières années quelque 1.300 greffes d’organes dont 1.200 transplantations rénales, 34 hépatiques et 14 cardiaques. Sur ce total, 100 patients ont pu être sauvés grâce à 35 donneurs en état de mort cérébrale.

Par Huong Linh - Le Courrier du Vietnam - 14 Février 2016