Ces nouveaux affrontements fragilisent le processus de paix en cours dans le pays.

Elles s’accusent mutuellement d’exécutions extra judiciaires, torture, recrutements forcés… Depuis novembre, les rébellions Palaung et Shan combattent dans le nord-est de la Birmanie. Ces deux dernières semaines, les affrontements ont obligé plus de 4 300 civils à fuir leurs villages.

Auparavant, les conflits ethniques en Birmanie opposaient l’armée gouvernementale à des groupes rebelles locaux. Désormais, ce sont des armées rebelles qui se battent les unes contre les autres, vraisemblablement pour des questions de territoire. Les groupes ethniques de Birmanie sont particulièrement divisés depuis mi-octobre. En effet, certains groupes ont accepté de signer un accord de cessez-le-feu avec le gouvernement tandis que d’autres ont refusé.

Cette fracture entre groupes insurgés met en péril le processus de paix déjà complexe du fait du nombre élevé de rébellions. En tout, il y en a une vingtaine et certaines guerres ethniques durent depuis plus de 60 ans.

La résolution de ces conflits va maintenant incomber à la Ligue nationale pour la démocratie qui va former un gouvernement en avril. Le parti de l’opposante Aung San Suu Kyi va devoir concilier les positions divergentes des rebelles et de l’armée qui s’est montrée très indépendante du pouvoir politique ces cinq dernières années.

Par Rémy Favre - Radio France Internationale - 20 Février 2016


Birmanie: les forces de sécurité s'opposent à une milice locale antidrogue

Trois mille membres d'une milice privée antidrogue faisaient face dimanche à la police et aux soldats dans le nord de la Birmanie, après avoir été empêchés de détruire des champs de pavot, ont rapporté des témoins.

Les membres de Pat Jasan, une organisation extrémiste chrétienne antidrogue dont les membres portent souvent des uniformes de style militaire et sont connus pour fouetter les toxicomanes, étaient rassemblés aux abords de la ville de Waingmaw, dans l'Etat Kachin.

Ils sont décidés à éradiquer la culture locale du pavot, mais ont été stoppés par les autorités qui craignent des affrontements avec les cultivateurs.

"L'armée locale et la police nous ont dit qu'ils bloquaient le passage pour des raisons de sécurité. Nous avons demandé aux autorités locales de pouvoir passer", a déclaré à l'AFP Hpala Lum Hkawng, un haut responsable de Pat Jasan à Waingmaw.

La culture du pavot en Birmanie a doublé depuis 2006 et les régions frontalières sont connues pour la production de drogue, les mouvements ethniques rebelles comme les militaires et leurs milices alliées étant impliqués dans un juteux trafic.

Le pays est actuellement le deuxième producteur mondial d'opium, après l'Afghanistan.

Région pauvre et montagneuse, l'Etat Kachin, qui a connu une longue rébellion, produit d'importantes quantités d'opium et de méthamphétamines.

En conséquence, la région souffre d'un fort taux d'addiction, un phénomène que Pat Jasan, créé il y a deux ans par la puissante Eglise baptiste de Kachin, s'est juré d'éradiquer, même par la force.

Un haut responsable policier de l'unité de lutte antidrogue dans la capitale, Naypyidaw, a confirmé que les miliciens avaient été bloqués.

Agence France Presse - 21 Février 2016