Quelques centaines de personnes se sont rassemblées cet après-midi à Rangoon, la plus grande ville. Ils veulent maintenir tel quel l'article 59 de la Constitution qui empêche l'opposante Aung San Suu Kyi d'accéder à la présidence. Son parti a remporté les dernières élections législatives, mais elle ne peut pas, pour le moment, diriger officiellement le gouvernement.

Ils chantent l'hymne national. Ils portent des tee-shirts sur lesquels on peut lire : « on ne peut pas toucher à l'article 59 ». Cet article empêche ceux qui ont des parents étrangers d'accéder à la présidence.

« Nous n'avons pas peur des étrangers, mais nous voulons que notre président soit issu de notre race pure, car aucun étranger ne souhaite améliorer la situation de notre pays. Les Anglais ont colonisé notre pays, nous ne voulons pas que cela se reproduise », déclare Than Myo Oo, un organisateur de la manifestation.

« Protéger le pays »

Les motivations de nombreux manifestants sont nourries de sentiments très anti-musulmans. « Le Coran dit aux musulmans de supprimer les autres religions. Si nous révisons ou supprimons l'article 59 de la Constitution, alors notre pays sera gouverné par un président musulman à l'avenir. Tout ce que nous faisons n'est pas contre madame Aung San Suu Kyi. C'est pour protéger notre pays dans le futur », déclare l'un des manifestants.

Le chef de l'armée birmane a indiqué que la Constitution serait amendée à un moment approprié et selon les règles en vigueur. Il exclut donc pour le moment un arrangement politique avec Aung San Suu Kyi.

Par Rémy Favre - Radio France Internationale - 28 Février 2016