Quatre Thaïlandais, trois agriculteurs et un soldat, ont été abattus ces dernières 24 heures dans le sud du pays, en proie à une rébellion musulmane indépendantiste, d'après la police.

Un employé d'une plantation d'hévéas, bouddhiste de 55 ans, a ainsi été abattu jeudi matin à l'aube dans la province de Yala. Ses agresseurs ont mis le feu à son cadavre.

«Il se rendait sur sa plantation d'hévéas. Je pense que la motivation du crime est l'incitation aux troubles, il n'avait aucun conflit avec ses voisins», a déclaré à l'AFP le colonel Praponwat Khantiwaranant, responsable de la police locale, désignant la piste des rebelles.

Dans la même province de Yala, une demi-heure plus tard, c'est un musulman de 26 ans, membre des forces de sécurité, qui était abattu.

En représailles

Les forces de l'ordre et la minorité bouddhiste de la région sont des cibles privilégiées pour les rebelles de cette région frontalière de la Malaisie, rattachée tardivement à la Thaïlande.

Mais la population musulmane, surtout ceux qui sont considérés comme des collaborateurs de Bangkok en tant que fonctionnaires ou élus locaux, est également touchée.

Mercredi matin déjà, c'est un employé musulman d'une plantation d'hévéas de la province de Yala, âgé de 41 ans, qui a été abattu alors qu'il circulait à mobylette. Dans la province voisine de Narathiwat, un autre employé d'une plantation d'hévéas, un musulman de 47 ans, a été abattu. Ses assaillants, également à moto, ont laissé la vie sauve à sa femme.

Mercredi soir, un deuxième ranger musulman, âgé de 35 ans, a été attaqué au volant de son pick-up, dans la province de Narathiwat. Il a été hospitalisé dans un état grave.

Conflit rampant

La majorité des victimes dans ce conflit peu médiatisé sont des civils, victimes collatérales d'opérations des forces de l'ordre ou pris pour cibles en tant que collaborateurs par les insurgés.

Ces violences dans le sud de la Thaïlande ont fait 246 morts en 2015, au plus bas depuis 10 ans, avec une baisse des attaques rebelles.

Des pourparlers de paix lancés en 2013 par Bangkok sont aujourd'hui au point mort, avec une junte militaire au pouvoir en Thaïlande depuis un coup d'Etat en mai 2014.

Cette région était rattachée à la Malaisie jusqu'au début du XXe siècle. La Thaïlande majoritairement bouddhiste y a mené une politique d'assimilation des musulmans autochtones à marche forcée.

Agence France Presse - 3 Mars 2016