La ministre birmane des Affaires étrangères a accueilli John Kerry dans un contexte tendu entre les deux pays. Au cœur de la polémique, la question des Rohingyas.

L'ambassade américaine à Rangoon remet sur la table le sort des Rohingyas. Une communauté musulmane minoritaire dans le pays, persécutée depuis des années par les extrémistes bouddhistes.

La ministre des Affaires étrangères, Aung San Suu Kyi, est accusée de fermer les yeux sur ces agissements. Alors, elle n'apprécie pas vraiment les remontrances de la diplomatie américaine.

« Nous, les bouddhistes, nous opposons au terme Rohingya car il a des implications politiques et émotionnelles. L'usage de ce terme constitue un obstacle à la résolution pacifique de nos problèmes internes. Nous demandons donc aux gens de nous laisser nous en occuper seuls », a-t-elle insisté.

Aung San Suu Kyi demande aux Etats-Unis de revoir leur copie. Ne plus parler des Rohingyas, mais des Bengalis. Une querelle sémantique qui ne doit pas masquer les persécutions, pour le secrétaire d'Etat américain John Kerry.

« L'héritage de plus d'un demi-siècle de régime militaire n'a pas été complètement effacé en Birmanie, a souligné John Kerry. Le pays doit maintenant se concentrer sur la résolution du conflit avec les Rohingyas. Et poursuivre sa transition démocratique. »

John Kerry a assuré que les sanctions économiques contre la Birmanie seront définitivement levées quand les Etats-Unis jugeront que le pays est devenu une véritable démocratie. La situation des Rohingyas sera donc particulièrement suivie à Washington.

Radio France Internationale - 23 mai 2016