En cause, une aciérie taiwanaise, cible de toutes les critiques depuis la catastrophe. Prises de court par les manifestations, les autorités ont depuis repris la main. Elles ont procédé ce dimanche à l’arrestation de dizaines de personnes qui tentaient de manifester à Hanoi et Hô Chi Minh-Ville.

Depuis la visite d’Obama il y a deux semaines au Vietnam, la situation semblait tourner en faveur du gouvernement. Les manifestations jusque-là virulentes, fait très rare dans ce pays communiste, semblaient avoir été maitrisées.

Les autorités, critiquées pour la lenteur de leur réaction face à l’ampleur du désastre, avaient annoncé jeudi avoir identifié les causes de la catastrophe mais attendre l’avis d’experts internationaux, avant de délivrer leur conclusion définitive.

Cela n’a pas découragé des dizaines de personnes de tenter de manifester à nouveau dans les deux grandes villes du pays. Elles reprochent aux autorités leur manque de transparence. Un célèbre blogueur a en effet révélé que le gouvernement avait attribué au groupe Formosa, principal suspect, une licence d’exploitation de soixante-dix ans sur les 3 300 hectares de terrain où a été construite l’aciérie a des conditions très avantageuses.

Ce dimanche, la police a procédé à des dizaines d’interpellations et les principales rues à Hanoi et Hô Chi Minh-Ville ont été bloquées. Le réseau social Facebook n’est accessible que par intermittence et des téléphones portables ont été saisis, parfois bloqués lorsque leurs propriétaires ont envoyé par SMS des mots-clés jugés sensibles.

Le gouvernement est donc résolu à étouffer dans l’œuf toute voix dissidente. Quel que soit le contenu de ses conclusions sur les causes du désastre, elles seront activement commentées sur les réseaux sociaux, désormais principale source d’information de la population vietnamienne.

Par Frédéric Noir - Radio France Internationale - 5 Juin 2016