"Nous avons découvert de nombreuses cités sous les forêts, dont personne ne connaissait l'existence", confie l'archéologue australien Damian Evans au journal britannique The Guardian.

Leurs recherches ont débuté en 2012. En tirant des faisceaux laser depuis un hélicoptère, les archéologues ont pu cartographier le sol précisément. Dans une première phase, seule une petite zone de la ville a été découverte (Mahendraparvata), qui était reliée à Angkor Vat par un réseau de chemins et de canaux. "Cette fois, nous avons trouvé l'entièreté du site et il est énorme: la taille de Phnom Penh", s'extasie Damian Evans.

"Nous avions toujours imaginé que durant l'Antiquité, leurs grandes villes entouraient les monuments", a déclaré M. Evans. "Mais maintenant, on peut les voir, avec des précisions incroyables et en certains endroits, pour la toute première fois", a-t-il ajouté. "Mais dans la plupart des endroits, nous avions déjà une vague idée qu'il devait y avoir des villes".

Angkor Vat est le complexe monumental le plus connu du Cambodge, comptant une centaine de temples, et fait partie du site d'Angkor, qui figure sur la liste du patrimoine mondial de l'humanité de l'Unesco et est la destination touristique la plus visitée du pays. Il est égalemenr représenté sur le drapeau cambodgien.

Nombre des édifices qui encerclaient les fameux temples en pierre étaient en bois ou en chaume et ont pourri depuis longtemps. "Le lidar a révélé tout d'un coup un paysage urbain tout entier, d'une complexité étonnante", a-t-il déclaré. "Depuis dix ans, on marchait sur tout ça, on le survolait, et on ne voyait rien à cause de la végétation".

Parmi ce qui a été déjà publié figurent une carte détaillée d'un énorme site appelé Preah Khan de Kompong Svay ou de nouvelles informations sur le réseau hydrologique complexe de la région.

Même dans les régions les moins urbanisées proches de Mahendraparvata, le laser a révélé "un nombre énorme de nouveaux temples, d'anciens barrages, des étangs, des carrières et d'autres témoignages de l'influence de l'ère d'Angkor", selon M. Evans.

Les résultats de l'étude seront dévoilés lundi à Londres à la Royal Geographic Society et publiés dans la foulée dans la revue scientifique "Journal of Archaeological Science".

Agence Belga - 12 juin 2016


Les secrets cachés des cités anciennes révélés par laser

Des données inédites sur des villes dissimulées aux regards par la jungle aux temples d'Angkor ont été révélées grâce à la technologie lase

Les recherches durent depuis des années mais ces nouvelles découvertes montrent que les temples et cités sont bien plus vastes que le pensaient jusqu'alors les archéologues. L'étude, qui doit être dévoilée lundi à Londres à la Royal Geographic Society par l'archéologue australien Damian Evans, utilise le lidar (télédétection par laser), technique aéroportée de mesure qui analyse les propriétés d'un faisceau de lumière renvoyé vers son émetteur.

«Nous avions toujours imaginé que durant l'Antiquité, leurs grandes villes entouraient les monuments», a déclaré M. Evans à l'AFP. «Mais maintenant, on peut les voir, avec des précisions incroyables et en certains endroits, pour la toute première fois», a-t-il ajouté. «Mais dans la plupart des endroits, nous avions déjà une vague idée qu'il devait y avoir des villes».

Une centaine de temples

Angkor Wat, merveille de l'architecture khmère du XIIe siècle, compte plus d'une centaine de temples et constitue la principale destination touristique de ce pays d'Asie du Sud-Est, avec des centaines de milliers de visiteurs chaque année. Inscrit au patrimoine de l'Humanité, le site fut construit par le roi Suryavarman II à l'apogée de la puissance politique et militaire de l'empire khmer. Les spécialistes ont toujours considéré cependant que cet empire débordait le cadre d'Angkor.

Les nouvelles données émanent en bonne partie de scans effectués en 2012 et qui ont confirmé l'existence de Mahendraparvata, ancienne ville de temples près d'Angkor Wat. Mais c'est avec une étude plus vaste réalisée en 2015 que l'étendue même des nouvelles localités est devenue apparente. Les données ont été recueillies au moyen d'un laser fixé sur un hélicoptère. M. Evans a publié de nouveaux scans topographiques sur le site du Cambodian Archaeological Lidar Initiative.

Un paysage urbain

Nombre des édifices qui encerclaient les fameux temples en pierre étaient en bois ou en chaume et ont pourri depuis longtemps. «Le lidar a révélé tout d'un coup un paysage urbain tout entier, d'une complexité étonnante», a-t-il déclaré. «Depuis dix ans, on marchait sur tout ça, on le survolait, et on ne voyait rien à cause de la végétation».

Parmi ce qui a été déjà publié figurent une carte détaillée d'un énorme site appelé Preah Khan de Kompong Svay ou de nouvelles informations sur le réseau hydrologique complexe de la région. Même dans les régions les moins urbanisées proches de Mahendraparvata, le laser a révélé «un nombre énorme de nouveaux temples, d'anciens barrages, des étangs, des carrières et d'autres témoignages de l'influence de l'ère d'Angkor», selon M. Evans.

Agence France Presse - 12 Juin 2016