Il a installé sa famille à la tête de nombreuses entreprises clés. En conséquence, l'ONG demande aux investisseurs étrangers d'être prudents dans le choix de leurs partenaires.

"Nous savions que Hun Sen avait verrouillé la scène politique et maintenant il est clair qu'il a fait pareil pour la sphère économique", a révélé Patrick Alley de Global Witness. En analysant les données financières des groupes cambodgiens, l'ONG a constaté que 21 membres de la famille du Premier ministre ont des participations dans plus d'une centaine d'entreprises cambodgiennes, pour une valeur de plus de 200 millions de dollars (180 millions d'euros).

Jeudi, Phay Siphan, le porte-parole du gouvernement, a dénoncé un rapport qui visait à "discréditer" le Premier ministre. "Le rapport cherche à briser le respect que le peuple cambodgien a pour le Premier ministre. Nous n'y prêtons pas attention", a-t-il ajouté.

Mais cela ne serait que "la pointe de l'iceberg" vu le nombre de prête-noms et de sociétés écrans, estime l'ONG.

Agriculture, énergie, médias... les proches de Hun Sen sont présents dans tous les secteurs les plus rentables du Cambodge, y compris ceux connus pour être rongés par la corruption, comme l'exploitation minière, le jeu et l'immobilier, affirme l'ONG. "Il s'agit d'un contrôle féodal de l'économie, notamment via des mariages", explique Patrick Alley. Et la famille de Hun Sen est le partenaire privilégié de nombre de grands groupes internationaux - Apple, Nokia, Visa, Unilever, Proctor & Gamble et Honda.

Or, "en raison du manque de transparence et de la corruption généralisée, toutes les transactions commerciales impliquant le gouvernement cambodgien (...) présentent un risque accru pour les investisseurs étrangers", écrit l'ONG.

Par ailleurs, cette hégémonie a un coût humain et environnemental, d'après Global Witness car bon nombre d'entreprises de la famille de Hun Sen ont impunément ignoré la loi cambodgienne.

En place depuis plus de 30 ans, le Premier ministre a encore renforcé son emprise sur les institutions du royaume et continue à museler l'opposition, à réprimer tout mouvement de rue et toute dissidence, notamment sur les réseaux sociaux.

Agence France Presse - 7 Juillet 2016