Pourriez-vous nous expliquer ce que signifient la création et la mise en place d’un label national pour notre riz ?

En termes de commerce international, et plus encore en cette période d’intégration au monde, une des tâches prioritaires est de créer un tel label afin que notre riz puisse faire face à la concurrence. Il s’agit là d’une tâche qui ne se limite pas à la création et à l’utilisation d’un logo ou de quelque chose de similaire. C’est aussi et surtout définir un ensemble de critères et de normes sur les variétés, les méthodes culturales, l’emploi de pesticides et d’herbicides, les taux résiduels, ce à quoi le ministère de l’Agriculture et du Développement rural s’emploie actuellement et ce, en vue d’obtenir une qualité satisfaisante et constante.

Selon la planification, cette tâche sera achevée fin 2017 début 2018. Ensuite, parler de label est fort peu précis sur le plan légal, c’est plutôt une certification ou une marque de certification ; toujours est-il, quelles qu’en soient le modalités, seules les entreprises qui répondront à ce que l’on peut considérer comme un cahier des charges, recevront ce label, concrètement, un logo...

Mais le travail ne s’arrête pas là : ce mécanisme implique, pour respecter les normes, de veiller à ce que les producteurs soient en mesure de bénéficier de ressources de matières premières stables, ce qui ne sera possible, au moins dans un premier temps, qu’avec de grandes exploitations rizicoles.

Notre pays subit les conséquences du changement climatique, en particulier la sécheresse et la salinisation des terres avec les remontées d’eau de mer. La situation actuelle a-t-elle une incidence sur nos exportations de riz ?

Selon les rapports du ministère, la sécheresse et la salinisation ont entraîné une diminution de la production de paddy d’environ 600.000 à 800.000 tonnes. Le Vietnam exportant de 7 à 8 millions de tonnes par an, cette baisse peut être considérée comme non préoccupante. L’Association des vivres du Vietnam estime les exportations nationales de cette année à 6-6,5 millions de tonnes, ce qui est un objectif réaliste. Récemment, nous avons été en Europe afin de négocier des partenariats.

Depuis longtemps, les importateurs européens appliquent une taxe de 40 % sur notre riz, au motif que notre pays ne s’est toujours pas vu reconnaître le statut de plein économie de marché. Mais nous avons signé des accords de commerce avec l’Union européenne (UE), de sorte qu’à partir de 2017 ou 2018, la taxe diminuera et, à terme, sera supprimée. C’est alors que nous bénéficierons d’un réel avantage sur nos concurrents, en particulier les Cambodgiens et les Thaïlandais. Plusieurs entreprises vietnamiennes ont présenté leurs produits en UE, lesquels ont été très appréciés.

Par Huu Vinh & Ngoc Yên - Le courrier du Vietnam - 9 Juillet 2016 Certains économistes et spécialistes en agriculture redoutent qu’un tel système n’institue un oligopole dans le segment de l’export de riz. Est-ce une réalité selon vous ?

L’arrêté 109 du gouvernement stipule qu’un exportateur de riz doit disposer de sources de matières premières conformes et stables ainsi que d’une usine de décortication. Le ministère de l’Industrie et du Commerce a pris la décision 606 relative à la création de zones de matières premières durant ce quinquennat 2015-2020. En fait, la plupart des entreprises peuvent satisfaire ces conditions. Pour créer des zones de matières premières, les entreprises doivent investir dans des variétés, des engrais, des pesticides et des herbicides. De plus, elles doivent consacrer une grande somme pour signer des contrats d’approvisionnement de riz avec des riziculteurs.

En effet, chaque champ a de nombreux proprié-taires. Par exemple, une terre cultivée d’une superficie de 1.000 ha appartient à 2.000 foyers. Impossible de coopérer avec tous ces agriculteurs. En outre, les entreprises seront obligées de construire des silos pour stocker le riz après récolte, et une usine de décortication de grande capacité sera nécessaire, car le riz doit être traité immédiatement pour des raisons de qualité. Toutes ces exigences impliquent une bonne surface financière ou de bonnes capacités de financement externe : seules de grandes entreprises, a priori, peuvent investir dans de telles infrastructures. C’est pourquoi nous devons définir des politiques rationnelles de soutien ceux PME de ce secteur, ce qui leur permettra d’investir.

Notre pays subit les conséquences du changement climatique, en particulier la sécheresse et la salinisation des terres avec les remontées d’eau de mer. La situation actuelle a-t-elle une incidence sur nos exportations de riz ?

Selon les rapports du ministère, la sécheresse et la salinisation ont entraîné une diminution de la production de paddy d’environ 600.000 à 800.000 tonnes. Le Vietnam exportant de 7 à 8 millions de tonnes par an, cette baisse peut être considérée comme non préoccupante. L’Association des vivres du Vietnam estime les exportations nationales de cette année à 6-6,5 millions de tonnes, ce qui est un objectif réaliste. Récemment, nous avons été en Europe afin de négocier des partenariats.

Depuis longtemps, les importateurs européens appliquent une taxe de 40 % sur notre riz, au motif que notre pays ne s’est toujours pas vu reconnaître le statut de plein économie de marché. Mais nous avons signé des accords de commerce avec l’Union européenne (UE), de sorte qu’à partir de 2017 ou 2018, la taxe diminuera et, à terme, sera supprimée. C’est alors que nous bénéficierons d’un réel avantage sur nos concurrents, en particulier les Cambodgiens et les Thaïlandais. Plusieurs entreprises vietnamiennes ont présenté leurs produits en UE, lesquels ont été très appréciés.

Par Huu Vinh & Ngoc Yên - Le Courrier du Vietnam - 9 Juillet 2016