Cette réunion à Vientiane, qui réunit les chefs des diplomaties des pays d'Asie du Sud-Est, est la première d'importance pour les acteurs régionaux depuis que la Cour permanente d'arbitrage de la Haye a invalidé le 12 juillet les revendications territoriales de Pékin sur la quasi-totalité de cette mer. Incapables de surmonter leurs divergences sur cette question, les 10 membres de l'Association des nations du Sud-Est asiatique (Asean) n'ont fait aucune référence à la Chine et à la décision de la Cour d'arbitrage dans leur communiqué commun publié aujourd’hui. Ils se sont contentés de redire qu'ils étaient "gravement préoccupés" par les "revendications territoriales et la multiplication des activités" dans la région et ont appelé à de la "retenue" dans les voies navigables stratégiques.

Le forum a toujours été profondément divisé sur la question, quatre de ses membres - le Vietnam, les Philippines, la Malaisie et Brunei - ont des prétentions concurrentes à celle de la Chine, qui est un allié de poids de plusieurs pays de la zone. Des sources diplomatiques ont accusé le Cambodge, proche de la Chine, d'avoir sapé les efforts en faveur d'une déclaration conjointe visant à appeler Pékin à adhérer à la décision de la Cour d'arbitrage. Hier soir, le Vietnam avait mis en garde ses partenaires, estimant que les tensions en mer de Chine méridionale représentaient d'un "test" pour l'Asean confrontée face à son plus grand défi en matière de sécurité. Aujourd’hui à Vientiane, le nouveau ministre des Affaires étrangères de la Corée du Nord, Ri Yong-Ho, était également présent.

D'après Washington, aucune rencontre n'était prévue entre John Kerry et ce diplomate chevronné qui suit depuis 20 ans les dossiers des relations conflictuelles avec les Etats-Unis. Mais le sommet fournira l'occasion au secrétaire d'Etat américain d'interpeller la Corée du Nord sur son programme d'armes, avait estimé un responsable américain avant la visite de Kerry.

Le Figaro avec Agence France Presse - 25 Juillet 2016