L'armée indienne est soupçonnée de franchir régulièrement la frontière birmane afin de mater la rébellion dans cette région, même s'il est rare que ces raids soient rendus publics.

Une trentaine de paramilitaires indiens ont passé la frontière dans la nuit du 18 au 19 août, avant de combattre pendant plusieurs heures sur le sol birman les rebelles du Conseil national socialiste du Nagaland (CNSN). Plusieurs grands quotidiens indiens l'affirment ce dimanche 21 août, dont The Indian Express, qui cite des sources haut placées au sein du gouvernement indien.

L'armée indienne a nié que l'opération ait eu lieu en Birmanie et que, comme l'affirme le CNSN, cinq à six militaires indiens aient été tués dans la fusillade. Selon un porte-parole de l'armée, les soldats du 12e régiment de parachutistes ont attaqué les rebelles sur le sol indien, le long d'une route d'infiltration connue près de la frontière.

Base arrière idéale

Bordé par la Birmanie à l'est, l'Etat indien du Nagaland abrite une myriade de groupes armés séparatistes, lesquels ont accès à une base arrière idéale en franchissant la frontière. L'armée indienne fait de même depuis des décennies, menant des opérations éclair afin de faire pression sur les rebelles.

Yangon (ou Rangoon) ferme généralement les yeux et collabore même étroitement depuis 2010 avec New Delhi dans la lutte contre le terrorisme dans la région. L'année dernière, une incursion indienne en territoire birman contre deux groupes armés avait fait la Une des médias. Elle avait été provoquée par la mort de 18 soldats indiens, tués dans une embuscade quelques jours auparavant.

Par Antoine Guinard - Radio France Internationale - 21 Août 2016