Ce vendredi 9 septembre, l'un des meneurs de l'opposition cambodgienne a été condamné à de la prison ferme et depuis quelques mois plusieurs opposants politiques ont fui, ont été assassinés ou emprisonnés. Le climat se tend et les ONG dénoncent une campagne de plus en plus violente de la part du gouvernement cambodgien qui devra organiser des élections en 2018.

Kem Sokha, l'un des meneurs de l'opposition cambodgienne, a été condamné à cinq mois de prison ferme. Il est poursuivi dans une affaire complexe de scandale sexuel.

Retranché depuis plusieurs mois dans le quartier général de son parti, il avait refusé de comparaitre devant le tribunal craignant d'être arrêté à tout moment.

« Utiliser un tribunal pour violer mes droits politiques et électoraux est une menace pour la démocratie au Cambodge » a-t-il déclaré devant une foule venu le soutenir devant le siège du parti après le verdict du tribunal.

Human Rights Watch dénonce à son tour « une campagne de plus en plus violente du gouvernement cambodgien pour empêcher des élections libres et équitables en 2018 ».

L'association dénombre déjà deux opposants politiques emprisonnés et au moins dix qui font face à des poursuites judiciaires. Plusieurs opposants politiques sont en exil, un commentateur politique a été assassiné.

« Décapiter l’opposition politique »

Depuis quelques mois le climat politique se durcit au Cambodge, un pays gouverné depuis 31 ans par Hun Sen, accusé de vouloir se maintenir au pouvoir.

« Le Premier ministre cambodgien, Hun Sen, est au pouvoir depuis 31 ans et il a très peur de perdre les prochaines élections qui auront lieu en 2018. Alors il essaye de décapité l'opposition politique », analyse Brad Adams de Human Rights Watch Asia.

« Il a forcé Sam Rainsy, le leader de l'opposition, à s'exiler. Il vit désormais à Paris, parce qu'il a été condamné à 11 ans de prison sur de fausses accusations. Et maintenant, ils poursuivent Kem Sokha un autre meneur de l'opposition. Il est accusé dans une affaire extraconjugale et on le poursuit pour prostitution, ce qui est absurde », estime l’humanitaire.

« Ça fait partie de ce système bien établi du gouvernement pour détruire l'opposition politique. Ils les emprisonnent, les forcent à l'exil ou cherche à les diviser pour qu'ils soient affaiblies avant la prochaine élection. »

Radio France Internationale - 10 Septembre 2016