Après une longue lutte des militants des droits de l'homme cette loi est donc abolie malgré l'opposition de l'armée qui siège toujours au Parlement.

D'après les militaires, abolir cette loi pose un problème de sécurité. Mais selon un collaborateur d'Aung San Suu Kyi, l'armée craint surtout «une baisse de son autorité». Depuis 50 ans, la loi qui obligeait les habitants à signaler toute personne invitée chez eux la nuit servait de moyen de contrôle des opposants politiques. La police pouvait ainsi se rendre en pleine nuit chez les habitants afin de vérifier la présence éventuelle d'étrangers.

Pour les militants des droits de l'homme cette «inspection de minuit» servait à harceler les gens et leur extorquer de l'argent. Certaines dispositions de la loi ont été conservées : les visiteurs qui résideraient plus d'un mois chez quelqu'un devront toujours le signaler et la police pourra «poser des questions sur la présence d'étrangers d'une manière honorable».

Cette loi était restée en vigueur même après la dissolution de la junte en 2011 et l'arrivée au pouvoir d'un gouvernement semi-civil. Depuis des années les associations demandaient l'abolition de ce texte qu'il considérait comme «un outil d'oppression menaçant gravement la dignité humaine».

Radio France Internationale - 21 Septembre 2016