Ce Britannique avait dénoncé dans un rapport les conditions de travail chez un des géants thaïlandais du jus de fruit. Des boissons exportées dans les pays européens.

Le rapport « Cheap has a high price » (en français, « Le pas cher a un coût élevé »), publié il y a trois ans, a provoqué quelques aigreurs chez Natural Fruit. Depuis 2013, cette compagnie thaïlandaise de jus de fruit multiplie les procédures à l’encontre du défenseur des travailleurs migrants, Andy Hall.

« Il a réalisé des entretiens avec des migrants birmans dans une usine de thon et une autre de jus concentré d’ananas… Les travailleurs ont fait savoir qu’il y avait de sérieux problèmes chez Natural Fruit. Leur passeport avait été confisqué par l’employeur et les salaires étaient anormalement bas », dénonce Sonja Wartala, directrice de l’ONG FinnWatch qui a publié l’enquête.

Accusé également de faire travailler les enfants, Natural Fruit n’a pas digéré le fait que le rapport soit diffusé par une ONG en Europe, l’un des principaux marchés de ce géant du jus de fruit.

La condamnation de Andy Hall est perçue comme un avertissement par les militants des droits de l’homme en Thaïlande. « C’est un signal très alarmant qui est envoyé. Ce verdict va pousser les témoins à réfléchir avant d’oser dénoncer des abus. Et cela rend très difficile les enquêtes sur les droits humains en Thaïlande », regrette Sonja Wartala.

FinWatch compte faire appel de ce jugement. Sur son blog, Andy Hall note que la compagnie Natural Fruit est la propriété de la famille du secrétaire général du Parti démocrate, l’un des plus vieux partis du pays.

Radio France Internationale - 20 Septembre 2016