La bombe a explosé au passage du véhicule des quatre agents "alors qu'ils étaient en mission", a expliqué un policier du district de Krongpinang à l'AFP.

"La bombe qui pesait entre 50 et 60 kilos était dissimulée dans une bonbonne de gaz et cachée dans les égouts", a expliqué Rakchart Ruangcharoen du même commissariat. "Le quatrième homme est dans un état critique", a-t-il ajouté.

Les attaques à la bombe, visant policiers ou fonctionnaires incarnant le pouvoir central, sont fréquentes dans l'extrême-sud de la Thaïlande. Elles sont habituellement non revendiquées mais attribuées à la rébellion musulmane indépendantiste.

La junte thaïlandaise, au pouvoir depuis le coup d'Etat militaire de mai 2014 à Bangkok, affirme avoir tenté de relancer les pourparlers de paix mais sans succès.

Les musulmans locaux revendiquent plus d'autonomie pour cette région frontalière de la Malaisie, qui n'a été rattachée à la Thaïlande qu'au début du XXe siècle.

Ce conflit oublié de la scène internationale a récemment attiré l'attention après une série de bombes dans des stations balnéaires de Thaïlande en août. Des attaques qui n'ont pas été revendiquées mais que la police attribue à des insurgés du sud.

Ces derniers, d'ethnie malaise et de religion musulmane, s'estiment victimes de discrimination dans un pays essentiellement bouddhiste. Depuis 2004, le conflit a fait plus de 6.500 morts, majoritairement civils.

La junte "semble principalement intéressée par l'apparence de dialogue", a déploré le groupe de réflexion International Crisis Group (ICG), dans un rapport publié cette semaine.

"Une tentative sérieuse de décentralisation, espoir d'une possible résolution du conflit, a peu de chances de se matérialiser sous le gouvernement actuel", d'après l'ICG.

Agence France Presse - 23 Septembre 2016