L’aciériste Formosa est soupçonné d’être derrière une vaste pollution maritime qui a fait s’échouer des tonnes de poissons sur les plages de quatre provinces du centre du pays; la pêche étant l’un des moteurs des exportations vietnamiennes.

Des t-shirts et des panneaux barrés d’un squelette de poisson, voilà maintenant plusieurs mois que les pêcheurs de Ha Tinh manifestent contre l’usine pollueuse de Formosa. Un mouvement déclenché par une lettre du responsable de la Commission justice et paix de l’épiscopat du Vietnam, l'évêque de Vinh, le troisième diocèse le plus important au Vietnam, qui compte 500 000 fidèles.

« L’évêque a écrit une lettre pastorale très offensive qui met en cause, dès le début, l’incurie des autorités face à cette pollution, témoigne Jean Maïs, spécialiste du Vietnam à l’agence Eglise d’Asie. Les dernières manifestations ont eu lieu dans une paroisse. Ils sont allés remettre au tribunal local une plainte contre le complexe sidérurgique Formosa. »

Indemnisations, restaurations des côtes et expulsion de l’aciériste taiwanais, lors de la Journée de l’environnement au mois d’août, des milliers de catholiques inspirés par l’encyclique du pape sur l’écologie ont bloqué les routes du centre du pays.

Aujourd’hui, ce sont près de 600 paroissiens qui ont déposé plainte devant un tribunal local. Les pêcheurs demandent un réajustement des 462 millions d’euros de dédommagements exigés par les autorités vietnamiennes, un montant jugé insuffisant face aux dégâts provoqués par cette pollution en mer.

Avec ses 3 000 kilomètres de côtes, le Vietnam est un gros exportateur de poissons et fruits de mer. Le secteur lui a rapporté 5,8 milliards d’euros l’an passé, rapporte l’AFP.

Radio France Internationale - 27 Septembre 2016