Trois postes ont été attaqués vers 1H30 (18H00 GMT samedi) près de Maungdaw, dans l'Etat Rakhine (ou d'Arakan, ouest), en proie à de fortes tensions confessionnelles entre bouddhistes et musulmans.

Au total neuf policiers ont été tués, quatre autres blessés et un est porté disparu, a déclaré à l'AFP Tin Maung Swe, haut responsable du gouvernement de l'Etat Rakhine. Huit insurgés ont également été tués, a-t-il ajouté.

L'attaque n'a pas été revendiquée, mais Tin Maung Swe a affirmé qu'elle avait été commise par des insurgés du RSO, un groupe connu sous le nom d'Organisation de solidarité Rohingya, issu de la minorité musulmane Rohingya, qui n'avait pas fait parler de lui depuis deux décennies. Tin Maung Swe n'a pas précisé comment il le savait.

La police de Naypyidaw, capitale de l'Etat, a confirmé l'attaque et précisé que les assaillants s'étaient emparés d'une grande quantité d'armes.

L'Etat Rakhine avait été le théâtre de sanglantes violences inter-communautaires entre bouddhistes et musulmans qui ont fait plus de 200 victimes en 2012, notamment musulmanes.

Plus de 100.000 Rohingyas, minorité musulmane non reconnue par la Birmanie, s'entassent toujours dans des camps de déplacés dans cet Etat depuis ces violences.

De nombreux conflits ethniques font rage le long des zones frontalières birmanes. Mais en comparaison avec les Etats du nord et de l'est du pays, l'Etat Rakhine n'abrite pas une importante présence rebelle.

Ces dernières années, l'Armée Arakan, une petite milice bouddhiste, y a mené des opérations contre l'armée. La communauté Rohingya ne dispose actuellement d'aucun mouvement armé connu. La RSO était un petit groupe d'activistes Rohingyas actif dans les années 1980 et 1990 mais il n'a pas fait parler de lui pendant deux décénnies.

Certains spécialistes de la zone s'inquiètent de ce que la précarité dans laquelle vivent les réfugiés n'en précipitent certains vers l'action violente.

Une flambée de violences dans l'Etat Rakhine constituerait un défi pour l'exécutif birman.

La Prix Nobel de la Paix Aung San Suu Kyi, aujourd'hui au pouvoir, a fait appel à l'ex-secrétaire général de l'ONU Kofi Annan pour l'aider à résoudre l'épineux conflit autour de la minorité rohingya.

Agence France Presse - 9 Octobre 2016