Un projet d’amendement vise à punir lourdement la simple possession d’images ou de textes considérés comme diffamatoires. Une autre loi, déjà approuvée, permet à la police d’intercepter les communications sur internet.

Il y a d’abord ce projet d’amendement à la loi punissant les crimes informatiques. Celui-ci punit d’une peine de trois ans de prison l’exportation d’images considérées comme diffamatoires sur un système internet accessible au public. Cela peut être par exemple une caricature ridiculisant un dirigeant de la junte ou une photo avec un commentaire satirique.

Mais surtout, une autre disposition du même amendement considère la simple possession de ces images diffamatoires, qu’elles soient authentiques ou altérées, comme un crime. Si la personne qui a reçu ces images ne les détruit pas immédiatement, mais les archive dans son ordinateur, elle peut être condamnée à 18 mois de prison.

Qui du vote de l’amendement

L’Assemblée nationale nommée par les militaires est en train d’en discuter. Elle voudrait d’ailleurs encore le durcir en punissant d’une peine de cinq ans de prison une personne qui archive dans son ordinateur non plus une image, mais un texte considéré comme diffamatoire.

En Thaïlande, une information est considérée comme diffamatoire quand elle affecte la bonne réputation d’une personne, peu importe que cette information soit vraie ou non.

Surveillance policière

Tout aussi inquiétant, la police pourrait désormais intercepter les communications sur internet. La loi est déjà mise en vigueur. Auparavant, la police devait obtenir une autorisation du juge pour intercepter les communications sur internet, qu’il s’agisse des courriels ou des échanges privés sur Facebook ou sur d’autres applications. Elle peut désormais intercepter immédiatement ces échanges sans passer par le tribunal.

Cette loi a déjà donné lieu à des arrestations. En mai dernier, une femme a été inculpée de crime de lèse-majesté, tout simplement parce qu’elle avait répondu « oui » à un message privé sur sa boite Facebook. Ce message critiquait la famille royale thaïlandaise. Cette femme est maintenant passible d’une peine de prison de quinze ans.

Par Arnaud Dubus - Radio France Internationale - 10 octobre 2016