Depuis samedi, plusieurs affrontements ont eu lieu près des postes frontières proches du Bangladesh où des hommes armés non identifiés s'en sont pris à des policiers.

Mardi, quatre militaires et un assaillant ont péri quand des centaines de personnes armées ont attaqué des soldats dans le village de Pyaungpit dans la province de Maungdaw, a indiqué le Global New Light of Myanmar.

Et l'armée a par ailleurs fait état de sept tués parmi les assaillants lors d'une autre échauffourée. Au total, depuis samedi et la première attaque d'un poste frontière qui a fait 9 morts, au moins 29 personnes ont été tuées.

L'armée birmane a multiplié les opérations dans la région, où vit une grande partie de la communauté musulmane rohingya du pays et où les rixes entre communautés sont fréquentes.

En 2012, de sanglantes violences inter-communautaires avait éclaté faisant plus de 200 victimes en 2012, notamment musulmanes.

Apatrides, les Rohingyas sont considérés comme des immigrés illégaux par beaucoup de bouddhistes majoritaires dans le pays. Ils n'ont pas accès au soin, au marché du travail, à l'école pour les enfants et n'ont pas de liberté de déplacement.

Et plus de 100.000 Rohingyas s'entassent toujours dans des camps de déplacés dans cet Etat depuis ces violences.

Pour éviter toute escalade, les autorités ont étendu le couvre-feu régional, en vigueur maintenant de 19H00 à 6H00 du matin et quelque 400 écoles ont été fermées pour les deux prochaines semaines.

Aung San Suu Kyi qui dirige le premier gouvernement civil depuis des décennies a lancé un appel au calme. Les rumeurs de meurtres et d'arrestations massives autour de Maungdaw sont répandus comme une traînée de poudre sur les médias sociaux, attisant la peur.

Le conseiller spécial des Nations unies en Birmanie, Vijay Nambiar, a exhorté les troupes et les habitants à faire preuve de retenue en ce "moment délicat" pour l'Etat.

Il a également appelé les civils à "ne pas cibler des communautés ou groupes religieux". L'Union européenne a également appelé à une enquête "en conformité avec le droit".

Agence France Presse - 12 Octobre 2016


Birmanie: la rébellion kachin menace de suspendre les négociations de paix

Le processus de paix a du plomb dans l’aile en Birmanie. La rébellion kachin, la deuxième plus importante du pays, menace de se retirer des négociations de paix après une offensive de l'armée. Une vingtaine de groupes ethniques rebelles affrontent l’armée gouvernementale, ils réclament davantage d’autonomie. La conseillère d’Etat Aung San Suu Kyi a relancé fin août le processus de paix, mais ses efforts sont maintenant mis en péril.

La rébellion kachin prévient : elle suspendra sa participation au processus de paix si l’offensive se poursuit. Elle lance même un avertissement : le conflit s’étendra à d’autres régions de l’Etat Kachin si les militaires birmans reconduisent leurs raids aériens.

L’Armée de l’indépendance kachin (KIA) avait participé aux premières négociations de paix convoquées par Aung San Suu Kyi, fin août. La conseillère d’Etat avait alors relancé le processus avec un certain succès dans un premier temps puisqu’elle avait rassemblé presque tous les groupes rebelles à la capitale. Tous sauf trois, mais depuis une insurrection s’est retirée des pourparlers et les Kachins menacent maintenant de faire de même mettant en péril le processus de paix.

Le conflit dans cette région du nord de pays s’est intensifié ces dernières semaines. Des témoins indiquent que l’armée birmane utilise des hélicoptères de combat pour pilonner les positions de la rébellion. En début de mois, un enfant kachin de deux ans a été tué par un tir d’artillerie, la semaine dernière, plusieurs milliers de personnes excédées ont manifesté dans les rues de la plus grande ville de l’Etat Kachin pour exiger la fin des hostilités.

Par Rémy Favre - Radio France Internationale - 12 Octobre 2016