Jusqu’à présent, pour transférer de l’argent, il fallait le faire physiquement, ce qui prend du temps, ce qui coûte cher… L’arrivée du téléphone mobile et de Wave Money pourrait changer la donne dans les zones enclavées birmanes.

Il y a cinq ans, sous le régime militaire, une carte SIM valait plusieurs milliers de dollars. Maintenant, elle est presque gratuite. Résultat, lorsque vous vous promenez dans les campagnes de Birmanie, vous voyez des gens de tous les âges avec, en main, des portables dernier cri. Ces nouveaux utilisateurs ont acquis directement un smartphone, ils n’ont pas acheté précédemment de modèle intermédiaire de moyenne gamme. Wave Money marche parce que tous les Birmans ou presque sont maintenant équipés de ce type de téléphone portable. Le service a été testé pendant presque un an, il est proposé aux clients depuis le mois d’août.

Aller chercher l’argent à l’épicerie du coin de la rue

Mais Wave Money, comment ça marche ? C’est simple. Vous vous rendez dans une petite épicerie partenaire de Wave Money, vous déposez l’argent en liquide, l’épicier envoie à votre correspondant un message sur son portable, grâce auquel votre destinataire peut aller chercher l’argent à l’épicerie du coin de la rue près de chez lui. Vous pouvez aussi directement transférer l’argent depuis votre téléphone grâce à l’application Wave Money en créditant un compte sur votre portable. C’est pratique. Disponible 7 jours sur 7. Le service du transfert coûte un peu plus cher qu’un virement bancaire classique néanmoins.

Combien de personnes utilisent Wave Money en Birmanie ? 100 000 pour le moment et c’est en augmentation. Wave Money est présent sur la moitié du territoire birman. Brad Jones, son PDG, prévoit d’étendre ses services à d’autres régions du pays : « Nous allons proposer nos services dans l'État birman, Chin, dans les prochaines semaines. Nous avons remarqué que là où nous avons de grands volumes de transactions, c’est généralement là où il n’y a pas de banques. Par exemple, dans le nord du delta de l’Irrawaddy, il n’y a pas de banques et nous avons de très très bons volumes de transactions parce que les gens qui devaient envoyer de l’argent ne pouvaient le faire que par des moyens informels jusqu’à présent. Donc, nous ne pourrons réussir que si nous proposons nos services dans des villages reculés… »

Le quart de la population birmane vit sous le seuil de pauvreté

L’enjeu de ce nouveau service, dans un pays comme la Birmanie, c’est de contribuer à la lutte contre la pauvreté. C’est un service qui s’adresse surtout à la population active qui parvient à faire de petites économies, quelques dizaines de dollars par mois. Donc aux travailleurs migrants, aux ouvriers par exemple. Le quart de la population birmane vit sous le seuil de pauvreté.

Par Rémy Favre - Radio France Internationale - 13 Octobre 2016