La mort de ce monarque, considéré après 70 ans de règne comme un demi-dieu par la plupart de ses compatriotes, sera suivie d'une année de deuil.

Et les Thaïlandais ont été invités à s'habiller de noir pendant au moins 30 jours pendant lesquels le secteur du divertissement a pour consigne d'être discret.

» Prem, le régent nonagénaire d'une Thaïlande en mutation

Certains ont parcouru des centaines de kilomètres pour honorer samedi en chanson sa mémoire en présence d'un orchestre professionnel sur les pelouses devant le palais royal où se trouve la dépouille du roi.

Beaucoup sont arrivés la veille et ont dressé des tentes quand d'autres ont simplement dormi sur des nattes de bambous. "L'atmosphère est incroyable", raconte Sethabutra Biraseranee, dans la chaleur étouffante de Bangkok.

"Tous ces gens sont simplement venus pour lui rendre hommage, ce qui montre à quel point il était grand", ajoute-t-elle. Ces derniers jours, la junte a encouragé de telles manifestations publiques de masse. Les militaires sont au pouvoir depuis un coup d'Etat en mai 2014 qui visait notamment à protéger la monarchie.

Le respect du deuil royal est un sujet très sensible en Thaïlande. Plusieurs cas de personnes agressées par la foule pour n'avoir pas porté le noir de rigueur ont émergé ces derniers jours sur les réseaux sociaux.

Les fonctionnaires thaïlandais sont supposés s'habiller en noir pendant une année et certains Thaïlandais disent vouloir faire de même. Les écrans publicitaires de Bangkok restent noirs et les programmes télévisés habituels sont remplacés par un programme officiel qui rappelle depuis des jours la vie et l'oeuvre du roi.

Quelques heures après la mort de Bhumibol, le prince héritier avait surpris en demandant un "délai" avant de monter sur le trône. Prem Tinsulanonda, principal conseiller du roi, est devenu régent, comme le veut la Constitution. Le soutien à la monarchie a souvent permis aux Thaïlandais de retrouver une certaine unité, alors que la politique déchire la société.

Depuis une décennie, la Thaïlande est très profondément divisée en deux camps: celui des Chemises rouges, mouvement populiste partisan de la famille Shinawatra qui a gagné toutes les élections ces dernières années et leurs ennemis - les élites royalistes - dits Chemises jaunes.

Le Figaro avec Agence France Presse - 22 octobre 2016