En l’honneur du Roi, décédé le jeudi 13 octobre, une trêve d’un mois a été décidée pour l’industrie du divertissement.

Si les restaurants et les bars restent ouverts, ils ferment à minuit, et tous les concerts ont été annulés. « On sert les clients, bien sûr, mais on ne passe pas de musique, on ne danse pas, il n’y a aucune manifestation de joie, pour honorer la mémoire de notre Père » explique Boy Lerdthinsul, gérant d’un bar dans le quartier touristique de Khao San. Les discothèques elles, sont fermées. La célèbre Full Moon Party, qui rassemble tous les mois des fêtards du monde entier sur une plage du sud et devait avoir lieu le 17 octobre, a elle aussi été annulée. La vente d’alcool, interdite aux Thaïlandais, est tolérée pour les étrangers, même si le vin est désormais servi dans des gobelets opaques au restaurant. « Nous étions venus pour faire la fête, confie un groupe de jeunes touristes britanniques, nous sommes un peu déçus, même si on peut comprendre ».

Les touristes doivent aussi faire attention aux vêtements qu’ils portent : le ministère du tourisme les invite « à porter du noir ou du blanc et des tenues respectueuses, genoux et épaules couvertes, pour respecter le deuil des Thaïlandais ».

Le Grand palais, l’une des attractions touristiques les plus visitées de la capitale, est fermé aux étrangers : elle abrite la dépouille royale et des milliers de Thaïlandais y font la queue chaque jour pour pouvoir participer aux rites funéraires, baigner d’eau le portrait du Roi et signer le livre d’or.

« C’est sûr, c’est dommage qu’on ne puisse pas visiter le Palais estime Lydia, une touriste portugaise, mais même temps on vit un moment historique. » Les « quartiers chauds » priés de se faire discrets

Dans les heures qui ont suivi l’annonce de la mort du Roi, l’armée est venue couper l’électricité dans un célèbre quartier rouge de la ville, le « Soi Cow Boy », obligeant tous les gogo bars à fermer leurs portes. « C’est du jamais vu, même pendant le coup d’état on était restés ouverts » se souvient Noy, gérante de bar. Une semaine après le deuil, certains d’entre eux commencent à rouvrir timidement. D’autres quartiers de prostitution sont restés ouverts, mais ils doivent se faire discrets : pas de racolage dans les rues, pas de musique trop forte.

L’application de ces règles se fait sentir assez rigoureusement à Bangkok, la ville royale. Ailleurs dans le pays, et notamment dans les îles du sud prisées des touristes, la vie reprend doucement son cours normal.

Par Carol Isoux - Ouest France - 21 Octobre 2016