L’ambassadeur du Vietnam à Alger, M. Pham Quoc Tru, a insisté sur la nécessité de créer un conseil d'affaires algéro-vietnamien. S’exprimant en marge d’une journée d’information sur le Vietnam, organisée hier au siège de la Chambre de commerce et d’industrie (CACI), il a tenu à souligner que ce conseil constituera un moyen efficace pour le développement des relations économiques entre les deux pays. «Les relations politiques sont très avancées par apport aux échanges économiques», a-t-il déclaré.

Regrettant la faible présence des produits algériens, notamment l’huile d’olive, les figues sèches et les dattes, sur le marché vietnamien, il a appelé les gouvernements des deux pays et les hommes d’affaires à déployer plus d’efforts pour trouver des solutions aux obstacles qui freinent la croissance des échanges commerciaux. «Au vu de la bonne qualité des produits algériens, ces derniers ont une grande opportunité d’être écoulés sur notre marché», a-t-il indiqué. Abondant dans le même ordre d’idées, le diplomate a cité, à titre d’exemple, certains obstacles, à savoir : l’obstacle linguistique, les entreprises algériennes utilisant le français, tandis que les hommes d’affaires vietnamiens parlent l’anglais, et l’absence de coopération dans le domaine bancaire, d’où des difficultés dans le paiement de l’import-export.

Les entreprises doivent faire des paiements par des banques intermédiaires en Europe ou aux États-Unis, conduisant à un long temps de transfert de l’argent et aux frais bancaires élevés. S’agissant les barrières tarifaires, Pham Quoc Tru a précisé qu’elles sont toujours très élevées, ce qui nécessite une réduction afin d’encourager les échanges commerciaux. Aussi, les procédures douanières constituent également, selon lui, «un réel obstacle» pour les produits des deux pays.

Mettant l’accent sur les échanges commerciaux, il a indiqué qu’en 2015, ces derniers ont baissé de 5,2% par rapport à 2014. Lors de six premiers mois de 2016, ils ont augmenté de 3% par rapport à la même période de 2015, avant de préciser que dans la balance commerciale, les exportations vietnamiennes sont excédentaires. De son côté, le conseiller commercial, Houang duc Nhuan, a mis l’accent sur les opportunités de coopération entre l’Algérie et le Viêtnam, en indiquant que les deux pays recèlent d’énorme potentialités, ce qui leur permettra de développer leur partenariat économique. Il a invité, à l’occasion, les entreprises algériennes à investir davantage au Vietnam, considéré comme une porte d'entrée aux marchés asiatiques, notamment ceux des pays de l'Association des Nations de l'Asie du Sud-est (Asean) de 600 millions d’habitants.

«Les entreprises algériennes et vietnamiennes pourront donc conclure des partenariats profitables pour les deux parties, avec la facilitation des gouvernements des deux pays», a-t-il estimé. S’agissant de nombre de travailleurs vietnamiens en mission contractuelle dans des projets de tiers pays sur le sol algérien, il a indiqué qu’il a atteint 3.000 personnes à l’heure actuelle. Ces derniers travaillent pour la plupart dans la construction de logements, d’hôpitaux et du système du métro. Pour sa part, Mme Behloul Ouahiba, directrice des relations internationales, a appelé les entreprises vietnamiennes à investir davantage en Algérie. Tout en indiquant que le marché algérien offre de grandes opportunités pour les entreprises étrangères, notamment vietnamiennes, qui ont l’ambition d’investir durablement.

EL Moudlahid - 26 Octobre 2016