La sénatrice Thak Lany, qui avait déjà quitté le pays, a été condamnée par contumace, ce jeudi 17 novembre 2016, à dix-huit mois de prison pour « incitation au chaos ». De plus en plus d’opposants font face à des poursuites judiciaires et le climat politique s’est tendu ces derniers mois.

Les municipales de 2017 approchent, les législatives de 2018 aussi, et la répression se durcit au Cambodge contre tous ceux qui s'opposent au parti au pouvoir.

La sénatrice Thak Lany avait pris la fuite il y a trois mois, quand les poursuites ont été engagées à son encontre. Elle a été reconnue coupable ce jeudi d’avoir accusé le Premier ministre Hun Sen d’être derrière le meurtre d’un politologue de renom, critique du gouvernement. Un meurtre commis en plein jour en juillet dernier.

Un autre sénateur avait déjà été condamné il y a quelques jours à sept ans de prison. Son crime: avoir mis en cause l'actuelle frontière entre le Cambodge et le Vietnam, un sujet hautement sensible qui fait controverse entre majorité et opposition. Ce sénateur avait publié sur Facebook un document falsifié, selon la justice.

Le chef de cette opposition, Sam Rainsy, est lui en exil en France. Et son numéro deux, Kem Sokha, vit retranché au siège du parti du Sauvetage national, depuis une condamnation à cinq mois de prison ferme dans le cadre d'une affaire de mœurs. Hun Sen, à la tête du pays depuis plus de 30 ans, a promis d'éliminer ses opposants s'ils descendaient dans la rue. Le climat augure mal du bon déroulement des prochaines élections.

Radio France Internationale - 17 Novembre 2016