Kramonthas Thanathornkositcheera va passer le reste de sa vie en prison. Cette Thaïlandaise de 62 ans a été condamnée à une peine record de 150 ans de prison ce vendredi, dans une atmosphère de grande tension dans le royaume un mois après la mort du roi. Son crime ? Avoir prétendu avoir des liens avec la famille royale dans le but d’extorquer l’équivalent de 135.000 euros à des imprimeurs entre 2010 et 2014.

La sexagénaire a toutefois vu sa peine commuée à 50 ans, la peine maximale en Thaïlande.

La loi de lèse-majesté la plus sévère au monde

Kramonthas Thanathornkositcheera avait assuré à ses victimes que, « s’ils faisaient des dons pour la famille royale », cela leur vaudrait des faveurs en retour, a assuré le représentant du Parquet à l’audience. Pour asseoir sa crédibilité auprès de ses victimes, elle avait mis au point de faux documents de l’administration royale et prétendait que des représentants du palais avaient assisté à son anniversaire.

La famille royale pèse fortement sur l’économie thaïlandaise en contrôlant notamment de grandes entreprises. Elle est protégée par une loi de lèse-majesté, l’une des plus sévères au monde, appliquée avec zèle depuis un coup d’Etat militaire réalisé en 2014 au nom de la protection de la monarchie.

La monarchie thaïlandaise est dans une phase de transition,dans l’attente de la montée sur le trône du prince Maha Vajiralongkorn, qui a demandé un délai avant de prendre ses fonctions. La loi de lèse-majesté est largement utilisée pour faire taire les opposants au régime, notamment sur internet. Elle a également été utilisée en 2014 et 2015 dans une série de condamnations de proches du prince, vue comme un « nettoyage » de son entourage avant son accession au trône.

20Minutes avec Agence France Presse - 18 Novembre 2016