Cette photo, fournie par les forces armées birmanes le 13 novembre 2016, montre des soldats qui mettent le feu au village de Wapeik situé à Maungdaw dans l'État de Rakhine près de la frontière du Bangladesh

afp.com/- Rangoun - Quelque 30.000 personnes ont été déplacées par les violences qui ont fait des dizaines de morts depuis octobre dans l'Etat Rakhine, dans l'ouest de la Birmanie où se concentre la minorité rohingya, a annoncé l'ONU vendredi.

L'armée birmane mène des opérations dans cette région frontalière du Bangladesh, où vivent un grand nombre de membres de cette minorité musulmane, à la suite d'attaques meurtrières début octobre contre des postes de police.

Lundi, l'armée avait annoncé que près de 70 rebelles musulmans avaient été tués en un mois d'affrontements avec les forces de l'ordre dans cette région, mais des militants affirment que le nombre de victimes pourrait être plus élevé.

Les combats se sont intensifiés au cours du weekend dernier et les médias d'Etat ont fait état de 30 tués en deux jours de combats, à la suite d'une série d'embuscades qui ont forcé les troupes gouvernementales à faire intervenir des hélicoptères de combat.

"Les déplacés sont estimés à quelque 30.000 personnes depuis les attaques du 9 octobre et les opérations qui ont suivi dans l'Etat Rakhine", a affirmé un porte-parole du bureau de coordination des Affaires humanitaire de l'ONU (Ocha).

Selon lui, 15.000 personnes auraient fui leurs foyers au cours des seules dernières 48 heures.

Le rapporteur spécial de l'ONU pour la Birmanie, Yanghee Lee, a critiqué la gestion de cette crise par le gouvernement mené par le Prix Nobel Aung San Suu Kyi, appelant à une "action urgente" de sa part. Il a réclamé une enquête transparente concernant les accusations de viol et de meurtre contre les forces de sécurité.

"Aung San Suu Kyi a récemment déclaré que le gouvernement répondait à la situation conformément aux règles de droit. Cependant, je ne constate aucun effort de la part du gouvernement pour se pencher sur les allégations de violations des droits de l'homme", écrit M. Lee dans un communiqué.

"Les forces de sécurité ne doivent pas recevoir carte blanche pour intensifier leurs opérations derrière un écran de fumée, celui d'avoir autorisé l'accès à une délégation internationale. Une action urgente est nécessaire", a-t-il souligné.

L'armée birmane est accusée de graves abus contre la minorité musulmane, du viol des femmes au meurtre de civils, des accusations difficiles à vérifier de source indépendante, l'accès à la région étant filtré par les autorités, et les journalistes interdits.

Ces violences constituent un défi pour Aung San Suu Kyi et son gouvernement, premier exécutif civil en Birmanie depuis des décennies.

La minorité musulmane des Rohingyas (communément appelés "Bengalais" en Birmanie, où ils sont considérés comme des immigrés illégaux du Bangladesh voisin) est forte d'un million de personnes dans cette région de l'Etat Rakhine.

Des dizaines de milliers d'entre eux vivent dans des camps de déplacés depuis des affrontements meurtriers entre bouddhistes et musulmans en 2012.

Agence France Presse - 18 Novembre 2016


Le Bangladesh refoule 125 Rohingyas de Birmanie

Ces membres de la minorité musulmane tentaient de fuir des violences dans l'ouest de leur pays.

Les garde-côtes bangladais ont annoncé samedi avoir empêché 125 membres de la minorité musulmane rohingya de Birmanie de pénétrer au Bangladesh. Ces derniers tentaient de fuir des violences dans l'ouest de leur pays.

«Il y avait 125 citoyens birmans, dont 61 femmes et 36 enfants, dans sept embarcations en bois. Nous les avons empêchés de traverser nos eaux territoriales», a déclaré un responsable des garde-côtes Nafiur Rahman. Il a précisé que tous les passagers étaient des Royingyas. Un autre garde-côtes a ajouté qu'il avait vu deux corps flottant dans cette rivière lors d'une patrouille, sans plus de précisions.

L'armée pointée du doigt

Quelque 30'000 personnes ont été déplacées par les violences qui ont fait des dizaines de morts depuis octobre dans l'Etat Rakhine, dans l'ouest de la Birmanie, a annoncé l'ONU vendredi. C'est dans cette région que se concentre la minorité rohingya.

L'armée birmane y mène des opérations à la suite d'attaques meurtrières début octobre contre des postes de police. Elle est accusée de graves abus contre la minorité musulmane, du viol des femmes au meurtre de civils. Ces accusations sont difficiles à vérifier de source indépendante. L'accès à la région est filtré par les autorités et les journalistes y sont interdits.

Ces violences constituent un défi pour Aung San Suu Kyi et son gouvernement, premier exécutif civil en Birmanie depuis des décennies. Des dizaines de milliers de Rohingyas vivent dans des camps de déplacés depuis des affrontements meurtriers entre bouddhistes et musulmans en 2012.

Agence Télégraphique Suisse - 19 Novembre 2016