Mi-octobre, des articles qui s'appuyaient pourtant sur une enquête de l'association des consommateurs du Vietnam (Vinastas), contrôlée par l'Etat, avaient expliqué que certaines sauces de poisson commercialisées dans le pays contenaient des niveaux très élevés d'arsenic.

Le ministère a infligé lundi des amendes allant de 420 à 2 000 euros à une cinquantaine d'organismes de presse. Le quotidien Thanh Nien s'est vu de son côté infliger une amende de 8 500 euros pour avoir réalisé sa propre enquête sur la sauce de poisson. Le ministère a estimé qu'il avait «publié des informations inexactes qui minent les intérêts nationaux».

Les journaux contrôlés par l'Etat communiste

Lundi, le gouvernement a expliqué que ces articles ne faisaient pas la distinction entre les deux types d'arsenics existant. Celui présent naturellement dans les fruits de mer n'étant pas nocif. «Les articles ont provoqué la panique, poussant des consommateurs à boycotter la sauce de poisson traditionnelle... ce qui a eu des conséquences pour cette production du Vietnam», a déclaré le ministère de l'Information et de la Communication sur son site internet. Au Vietnam, les journaux sont tous contrôlés par l'Etat communiste.

La sauce de poisson traditionnelle est faite de poisson fermenté, mais il existe aujourd'hui des versions fabriquées à base d'arômes artificiels. L'enquête laissait penser que les sauces traditionnelles étaient toxiques.

Les scandales sanitaires et les problèmes de pollution sont de plus en plus fréquents au Vietnam. En avril, une immense pollution marine, qui avait tué des milliers de tonnes de poissons et de fruits de mer, a eu un grand retentissement dans le pays. Il y a quelques mois, une vidéo montrant des employés dans un élevage de crevettes leur injectant une substance inconnue pour les faire grossir, a été partagée des milliers de fois indignant les Vietnamiens.

Le Parisien avec Agence France Presse - 21 novembre 2016