La principale force d'opposition, le parti du secours national du Cambodge (CNRP), avait lancé son boycott du Parlement en mai dernier pour protester contre ces poursuites lancées contre plusieurs députés de la formation. La fin du boycott "est un geste pour montrer que nous voulons une résolution" de la crise politique, a expliqué le député Yim Sovann, porte-parole du CNRP, qui fait partie des 39 élus à avoir repris mardi le chemin de l'hémicycle.

Depuis plusieurs mois, le climat politique s'est fortement durci au Cambodge. L'opposition et les organisations de défense des droits de l'Homme estiment que le Premier ministre Hun Sen cherche à écarter tout opposant avant des municipales en 2017 et des législatives en 2018. Le meneur de l'opposition, Sam Rainsy, chef du CNRP, est actuellement en exil en France pour éviter des poursuites judiciaires. Quant à son adjoint, Kem Sokha, il risque d'aller en prison dans un nébuleux dossier de scandale sexuel.

En octobre, un parlementaire de l'opposition a été condamné à deux ans et demi de prison pour avoir critiqué la façon dont le gouvernement gère la frontière avec le Vietnam. Un autre sénateur cambodgien de l'opposition a été condamné début novembre à sept ans de prison sur ce même sujet tabou de la frontière vietnamienne.

L'opposition critique la manière dont la frontière entre le Cambodge et le Vietnam, longue de 1270 km, a été négociée. Elle accuse le parti majoritaire de laisser le Vietnam empiéter sur le territoire cambodgien en utilisant de fausses cartes.

Une sénatrice d'opposition, en fuite, a été condamnée la semaine dernière à 18 mois de prison au Cambodge pour "incitation au chaos".

Le Figaro avec Agence France Presse - 22 Novembre 2016