Nous avons repoussé le voyage en Indonésie en raison des problèmes dans l'Etat Rakhine mais aussi dans le nord de l'Etat Shan, théâtre d'un autre conflit ethnique, a déclaré à l'AFP Aye Aye, vice-ministre des Affaires étrangères.

Ce voyage sera reprogrammé sous peu, a-t-elle ajouté, démentant que cette annulation soit due à des raisons de sécurité. Aung San Suu Kyi ne se rendra ainsi qu'à Singapour mercredi, sans pousser jusqu'en Indonésie.

La police indonésienne a en effet annoncé la semaine dernière l'arrestation de trois suspects liés au groupe Etat islamique (EI) qui planifiaient un attentat contre l'ambassade de Birmanie à Jakarta.

Les suspects, tous membres d'une cellule indonésienne affiliée à l'EI, avaient amassé assez d'explosifs pour fabriquer des bombes plus puissantes que celles ayant servi à commettre les attentats de Bali en 2002, dans lesquels 202 personnes avaient été tuées, d'après la police.

Viols en réunion, tortures, meurtres et massacres: les Rohingyas qui ont franchi la frontière du Bangladesh ces derniers jours ont raconté les violences que leur font subir les soldats birmans dans l'ouest du pays.

Mais dans les camps où ils sont plus 120.000 à s'entasser depuis 2012, les Rohingyas, sans citoyenneté, n'ont accès ni à la santé ni à l'éducation.

Le gouvernement a largement échoué à agir selon les recommandations des Nations unies (...) dans un rapport qui évoquait la possibilité de qualifier les violences faites à l'encontre des Rohingyas de crime contre l'humanité, a affirmé mardi le Haut-commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme (HCDH) dans un communiqué.

Face à ces accusations, la colère monte en Indonésie et dans d'autres pays musulmans. Vendredi, des milliers de musulmans ont manifesté dans diverses capitales asiatiques pour demander la fin des violences.

En Indonésie, pays musulman le plus peuplé du monde, les manifestants ont demandé la rupture des relations diplomatiques bilatérales.

Ces violences meurtrières constituent un défi pour Aung San Suu Kyi et son gouvernement, premier exécutif civil en Birmanie depuis des décennies.

Agence France Presse - 29 novembre 2016