Depuis leur arrivée au pouvoir après un coup d'Etat en mai 2014, les militaires ont sévèrement réduit la liberté d'expression. Les manifestations restent interdites, la presse a été muselée et certains sites internet bloqués.

Et rien ne semble inverser la tendance malgré les critiques internationales. Vendredi, l'assemblée nationale nommée par les militaires a modifié la loi informatique avec 167 voix pour et 5 abstentions.

D'après le texte, toute personne qui partage sur les réseaux sociaux un texte "susceptible de mettre en danger la sécurité nationale, la sécurité publique, la stabilité économique nationale ou pouvant provoquer la panique" risque maintenant une peine de cinq ans de prison.

Les associations estiment que la large interprétation possible du texte permettra par exemple de punir une personne qui partage une caricature tournant en dérision un responsable de la junte ou un texte sarcastique sur un projet de loi.

"Je peux assurer que cette loi est importante et nécessaire et qu'elle ne va absolument pas violer les droits individuels", a affirmé Chatchawal Suksomjit. Cet ancien policier de haut rang, aujourd'hui député, a aidé à la rédaction de ce projet de loi.

Par ailleurs, la police est désormais autorisée à intercepter les communications sans demander une autorisation du juge. Et cela touche toutes les conversations - mail, Facebook ou toute application de messagerie instantanée.

"Il sera maintenant très difficile pour les gens de savoir ce qu'ils peuvent ou ne peuvent pas dire. Et cela pourra être très variable en fonction du gouvernement", estime Arthit Suriyawongkuln militant du réseau Thai Netizen Network, qui a récolté plus de 300.000 signatures contre le projet de loi.

D'après l'ONG Fortify Rights, 399 personnes ont été poursuivies pour violation de la loi informatique en 2016 contre 46 en 2013, avant l'arrivée de la junte au pouvoir.

Agence France Presse - 17 décembre 2016