Le sud de la Thaïlande n'était plus accessible mardi par voie terrestre après l'effondrement de deux ponts routiers et l'arrêt de la circulation ferroviaire en raison de pluies diluviennes. Le dernier bilan fait état de 25 morts en huit jours.

Ces précipitations, les plus importantes depuis 30 ans d'après le chef de la junte au pouvoir, touchent des régions très fréquentées par les étrangers, et ceci en pleine saison touristique. Elles sont particulièrement inhabituelles à cette période de l'année plutôt marquée à partir de novembre par un temps sec et doux.

Onze provinces touchées

«Deux ponts se sont écroulés sur l'autoroute numéro 4. Après l'effondrement, nous avons dû stopper la circulation» à environ quatre heures de route au sud de Bangkok, a expliqué le porte-parole du réseau autoroutier thaïlandais. «Les fondations des ponts ont été détruites par les inondations», a-t-il ajouté.

Quant à la circulation ferroviaire, elle est aussi coupée dans cette région, où par endroits les rails ont été arrachés par les flots.

Selon un nouveau bilan après plus d'une semaine de pluies torrentielles, 25 personnes ont été tuées par les inondations et deux sont portées disparues, a indiqué le ministère de l'Intérieur. Au total, onze provinces du sud sont touchées, plus d'un million de personnes affectées et plus de 360'000 maisons sous les eaux.

Amélioration mercredi

Le gouvernement a déployé des soldats pour distribuer de la nourriture aux habitants et évacuer certaines zones. De nouvelles précipitations étaient prévues mardi avant une amélioration mercredi.

Cette région est très dépendante du tourisme et de l'agriculture, notamment de la production de caoutchouc, de fruits et d'huile de palme.

C'est le deuxième épisode d'inondations en quelques semaines et à chaque fois des zones touristiques comme la ville de Krabi et l'île de Koh Samui sont touchées. En décembre, plus de 35 personnes avaient péri.

La Tribune de Genève - 10 janvier 2017


La production de caoutchouc bloquée par les inondations en Thaïlande

Le sud de la Thaïlande subit les pires inondations depuis dix ans. Des intempéries qui paralysent la production de caoutchouc.

Des pluies diluviennes se sont abattues sur le sud de la Thaïlande, « la » région du caoutchouc. Impossible de saigner les hévéas dans des plantations inondées. Le président du Conseil thaïlandais du caoutchouc naturel juge que la Thaïlande pourtant premier exportateur mondial de caoutchouc, ne pourra pas honorer toutes les commandes de la Chine avant le Nouvel An lunaire.

Voilà un nouveau motif de rebond des prix de cette matière première qui avait touché le fond au début de l'année dernière : 1 dollar le kilo, six fois moins qu'en 2011 ! Lundi 9 janvier, la tonne de caoutchouc a dépassé les 2,40 dollars à la Bourse de Singapour. Les cours du caoutchouc ont donc plus que doublé en un an. Car les inondations en Thaïlande succèdent à la sécheresse consécutive au passage d'El Niño qui avait déjà nui à la productivité des hévéas, l'an dernier. Pour couronner le tout, l'Indonésie et la Malaisie ont coupé des hévéas pour mettre fin à des années de surproduction qui avaient plombé les prix. En 2016, on a produit moins de caoutchouc qu'on en a consommé. Les stocks ont comblé le déficit.

Une demande stable à l'échelle mondiale

La demande de caoutchouc naturel n'est pourtant pas formidable, elle est stable au niveau mondial, il s'agit à 70% des commandes de l'industrie automobile, et en particulier des pneumaticiens. Mais les ventes de véhicules sont reparties en Chine en novembre dernier. La hausse des prix du caoutchouc naturel s'est d'ailleurs nettement accentuée depuis. Au même moment l'accord Opep - non Opep a fait rebondir les prix du pétrole, et donc du caoutchouc synthétique, ce qui a bénéficié aux prix du caoutchouc naturel.

Avec les inondations dans le sud de la Thaïlande, les exportateurs thaïlandais s'attendent à ce que désormais les cours du caoutchouc restent au-dessus des 2 dollars le kilo toute l'année 2017.

Par Claire Fages - Radio France Internationale - 10 janvier 2017