Ce traité, qui pourrait être soumis à l'assentiment du parlement de Wallonie s'il est qualifié de "mixte" par le Conseil européen comme c'est attendu, est de nature à créer "une dynamique qui va dans la bonne direction" en matière de droits de l'homme, a affirmé M. Defraigne devant la commission des Questions européennes du parlement de Wallonie.

"Il faut miser sur cette dynamique positive du commerce, de l'investissement, du dialogue et de la coopération", a-t-il ajouté, relevant les progrès réalisés par ce pays d'Asie du sud-est pour extirper sa population de la pauvreté.

La potentialité d'une répétition du scénario CETA inquiète le Vietnam, dont l'ambassadeur était venu défendre le traité il y a quelques semaines, et qui délègue depuis un représentant pour assister aux travaux parlementaires à Namur. La Fédération internationale des droits de l'homme avait quant à elle insisté sur les "graves violations des droits de l'homme" dans ce pays, en particulier le droit du travail et la liberté d'opinion.

Mais pour Pierre Defraigne, le traité prévoit suffisamment de renvois précis aux textes internationaux, ainsi que des mécanismes de surveillance pour les droits des travailleurs, en association avec la société civile. "On n'a jamais été aussi loin dans aucun accord commercial de l'UE". Il évoque aussi la possibilité de suspendre le traité, bien que cette "arme de dissuasion nucléaire" soit de nature à inquiéter l'investisseur.

"Avec le CETA, la balle est passée tout près, et elle a exercé un effet salutaire. Mais si elle dévie un peu de sa course, on a de vrais dégâts", a-t-il illustré.

L'actuel directeur du centre Madariaga du Collège d'Europe souligne aussi l'intérêt pour l'Union, une fois ce partenariat conclu avec le Vietnam, de voir sa capacité d'influence grandir en Asie du sud-est, à l'heure où le partenariat transpacifique (TPP, entre économies d'Asie-Pacifique et d'Amérique) a presque été anéanti par l'élection de Donald Trump à la présidence des Etats-Unis.

Agence Belga - 12 janvier 2017