Banderoles contre "l'ennemi historique", chants contre les "envahisseurs"... une centaine de personnes s'étaient rassemblées pour cette manifestation non autorisée visant à marquer l'anniversaire de l'invasion par Pékin des îles Paracels en mer de Chine méridionale, il y a 43 ans. Intervenus très rapidement, les policiers ont déchiré les banderoles des manifestants, arrêté plusieurs personnes et ordonné aux journalistes de quitter les lieux et d'éteindre les caméras.

Même si les relations entre les deux voisins communistes sont très tendues, le Vietnam interdit ce genre de manifestations pour ne pas braquer la puissante Chine. "Je pense que le Vietnam doit être déterminé face la Chine... pour récupérer les îles Hoang Sa et Truong Sa", estime Pham Van Troi, manifestant de 46 ans qui utilise des noms vietnamiens des archipels contestés.

Le sentiment antichinois s'est largement développé ces dernières années au Vietnam. En 2014, Pékin avait installé une plateforme pétrolière dans les eaux maritimes revendiquées par Hanoï, provoquant des émeutes meurtrières antichinoises, qui avaient poussé la Chine à évacuer plus de 3.000 de ses ressortissants. Les foules en colère avaient notamment mis le feu à des usines. Parmi les points de discorde entre les deux pays: les Paracels mais aussi d'autres îles en mer de Chine méridionale.

En 1974, alors que les Etats-Unis se retiraient du Vietnam, la Chine avait pris le contrôle de ces îles occupées par le Sud-Vietnam, dont les fonds sont censés être riches en hydrocarbures et qui sont au coeur des routes maritimes internationales.

En 1979, les deux voisins communistes s'étaient affrontés lors d'une guerre, brève mais sanglante, déclenchée par la Chine en réplique au renversement du régime Khmer rouge au Cambodge, allié de Pékin, par l'armée vietnamienne.

Agence France Presse - 19 Janvier 2017