Cette aide doit être acheminée dans l'Etat de l'Arakan, au nord-ouest du pays, où l'armée birmane a lancé le 10 octobre une offensive d'envergure contre cette minorité. La Birmanie nie la nationalité d'un million de Rohingyas, malgré leur présence sur le territoire depuis plusieurs générations. Difficile pour la Malaisie, majoritairement musulmane, d'acheminer de l'aide dans ce contexte.

« Pas de Rohingyas ici », pouvait-on lire sur les pancartes brandies par les manifestants ce jeudi. Plusieurs dizaines de personnes s'étaient rassemblées sur le port pour tenter d'empêcher la distribution du colis humanitaire à cette minorité musulmane. Pour les Birmans, majoritairement bouddhistes, les Rohingyas sont des immigrés clandestins venus du Bangladesh. Alors quand un bateau malaisien vient leur offrir de l'aide, cela échauffe les esprits.

Depuis octobre et le début de l'opération militaire de l'armée birmane, l'ONU dénonce une répression « généralisée et systématique » ayant abouti à un « nettoyage ethnique » et « probablement » à des crimes contre l'humanité.

Une dénonciation qui fait suite à de nombreux témoignages de Rohingyas partis se réfugier au Bangladesh voisin. Mais la Birmanie nie en bloc et a coupé l'accès à la région à toute organisation humanitaire.

Les organisations malaisiennes, à l'origine du convoi humanitaire arrivé aujourd'hui à Rangoon, voulaient distribuer l'aide directement dans l'Etat de l'Arakan. Mais le gouvernement birman s'y est opposé. Il distribuera lui-même l'aide humanitaire, et de manière équitable entre les musulmans et les bouddhistes de la région.

Depuis les années 1990, on estime entre 300 000 et 500 000 le nombre de réfugiés Rohingyas qui ont fui les persécutions pour se réfugier au Bangladesh.

Radio France Internationale - 9 février 2017