Sam Rainsy a dirigé le Parti du sauvetage national du Cambodge (CNRP) depuis sa création mais s'est exilé en France en novembre 2015 pour se soustraire à un mandat d'arrêt lancé contre lui dans une vieille affaire de diffamation.

Sa démission, qu'il a annoncée dans un message sur Twitter et Facebook, jette le doute sur l'avenir d'un parti considéré comme seul capable d'affronter l'homme fort du Cambodge, Hun Sen, au pouvoir depuis 32 ans, alors que des élections municipales sont prévues en 2017 et des législatives en 2018.

"Je démissionne de mon poste de dirigeant du CNRP pour le bien du parti", écrit Sam Rainsy dans son message. "En toutes circonstances, je soutiens et porte dans mon coeur les idéaux du CNRP".

Le porte-parole du parti Yim Sovann a déclaré à l'AFP n'avoir aucune autre information à propos de la décision de M. Rainsy, précisant simplement qu'elle était motivée par "des raisons personnelles". L'annonce de cette démission intervient alors que Hun Sen a menacé fin janvier de geler les avoirs de Sam Rainsy et de modifier la loi pour l'empêcher de rester chef de parti.

Fin décembre, Sam Rainsy a été condamné à cinq ans de prison pour un post sur sa page Facebook, rédigé par un internaute au sujet de la question sensible de la frontière avec le Vietnam. Ces derniers mois, le climat politique s'est fortement durci au Cambodge. L'opposition et les organisations de défense des droits de l'Homme estiment que Hun Sen cherche à écarter tout opposant avant les prochains scrutins.

La communauté internationale a plusieurs fois appelé l'inamovible Premier ministre au dialogue politique, en vain. Le climat d'intimidation a été renforcé par le meurtre, en juillet, en plein jour dans la capitale, d'un politologue critique du gouvernement. Le CNRP avait enregistré des gains importants aux élections de 2013 et affirmé avoir perdu en raison d'une manipulation du vote, une affirmation rejetée par Hun Sen.

Agence France Presse - 11 février 2017