Ces nouvelles violences dans le conflit qui ravage cette région depuis 13 ans portent un coup aux avancées significatives enregistrées en début de semaine dans le cadre des discussions entre l'armée thaïlandaise et les groupes rebelles en vue d'un cessez-le-feu.

Quatre membres d'une même famille, dont un enfant, ont été assassinés jeudi. Il s'agit d'un élu local, qui se rendait à l'école avec son fils, sa femme et sa belle-soeur.

Vendredi, musulmans et bouddhistes sont descendus dans les rues de leur localité, Ruso, pour demander la fin des violences. Des dizaines d'enfants ont participé à la marche portant en début de cortège des bannières proclamant: "Arrêter les combats, arrêter les meurtres".

Dans la soirée de jeudi, trois soldats en patrouille sur un marché avaient été abattus par un commando. Lors de cette attaque dans la province de Pattani, un villageois a également été blessé.

"Ils n'ont eu le temps de riposter. Ils sont morts sur place", a expliqué Muhamad Maadwang de la police du district de Mayo, qui a précisé que le commando était composé de sept à huit hommes.

Les forces de l'ordre et les élus de la région sont des cibles privilégiées pour les rebelles de cette zone frontalière de la Malaisie, rattachée tardivement à la Thaïlande.

Les insurgés du sud de la Thaïlande, d'ethnie malaise et de religion musulmane, s'estiment victimes de discrimination dans un pays essentiellement bouddhiste. Depuis 2004, le conflit a fait plus de 6.800 morts, majoritairement civils.

En début de semaine, l'armée thaïlandaise et les rebelles musulmans ont convenu de créer une "zone de sécurité" dans l'une des cinq provinces du sud, une étape importante puisque les deux parties étaient dans une impasse depuis des mois.

Pour l'instant, la zone pour ce cessez-le-feu n'a cependant pas encore été choisie.

Agence France Presse - 3 Mars 2017