Au moins 20 hommes d'un groupe armé rebelle, cinq policiers et cinq civils sont morts dans des affrontements à Laukkai, principale ville de cette région sinisante dans l'Etat Shan, précise un communiqué du bureau de la dirigeante birmane Aung San Suu Kyi posté sur Facebook.

Une source de l'armée a indiqué à l'AFP que les combats se poursuivaient à la tombée de la nuit. "Les habitants de la ville s'enfuient", a déclaré cette source, "nous n'avons pas encore de chiffres exacts".

Selon le communiqué du bureau d'Aung San Suu Kyi, accompagné de photos montrant des morts et des blessés, "de nombreux civils innocents y compris un enseignant d'école primaire (...) ont été tués en raison des attaques du groupe armé MNDAA", la Myanmar Nationalities Democratic Alliance Army.

Des rebelles de ce groupe dont certains étaient vêtus d'uniformes de policiers ont attaqué tôt lundi des postes de la police et de l'armée puis ont attaqué des sites dans la ville, poursuit le communiqué. Des tirs d'artillerie et d'armes légères ont été échangés tout au long de la journée.

Des images filmées non sourcées circulant sur les réseaux sociaux montraient ce qui semblait être des quartiers de la ville en feu lundi après-midi, avec des civils courant pour se protéger au son d'échanges de tirs.

L'Alliance du Nord, composée de quatre groupes rebelles dont le MNDAA, a confirmé que ses membres combattaient à Laukkai. Dans un message posté sur Facebook, elle a indiqué qu'il s'agissait d'une opération d'"auto-défense" face à une "offensive ennemie".

En 2015, des combats meurtriers avaient sévi dans la région de Kokang et des dizaines de milliers de personnes s'étaient enfuies vers la Chine qui avait à l'époque accusé des avions birmans d'avoir largué des bombes du côté chinois de la frontière.

Les affrontements avec l'Alliance du Nord se sont intensifiés dans l'Etat Shan depuis fin 2016, faisant plus de 160 morts dans la zone frontalière.

Depuis son indépendance en 1948, la Birmanie, où vivent plus de 130 ethnies différentes, est confrontée au soulèvement de groupes qui réclament plus d'autonomie. Dans plusieurs régions frontalières, des combats meurtriers opposent armée et mouvements rebelles.

Depuis sa victoire historique aux élections de 2015, la dirigeante de facto Aung San Suu Kyi a fait du processus de paix une de ses priorités. Mais depuis qu'elle a pris les rênes du pouvoir, les combats les plus violents depuis des décennies ont opposé certains groupes rebelles et l'armée, une force sur laquelle elle n'a quasiment aucun contrôle aux termes d'une Constitution héritée de la junte.

Agence France Presse - 6 mars 2017