La Birmanie est dirigée par un gouvernement pro démocratique depuis presque un an, mais les droits de l'homme sont de moins en moins respectés. L'envoyée spéciale des Nations unies pour les droits de l'homme en Birmanie, la diplomate Yanghee Lee, remet ce lundi son rapport au Conseil des droits de l’homme de l'ONU et elle devrait demander officiellement la constitution d'une commission d'enquête internationale pour faire la lumière sur les crimes dont sont victimes les musulmans de l'ethnie rohingya.

La diplomate Yanghee Lee estime que l'armée birmane commet des crimes contre l'humanité dans l'Etat de l'Arakan à l'ouest de la Birmanie, des exécutions sommaires, des viols collectifs. Plus de 74 000 Rohingyas se sont réfugiés au Bangladesh voisin ces cinq derniers mois. Elle souhaite donc une commission d'enquête internationale, comme celles constituées sur la Syrie et la Corée du Nord.

Mais tous les pays européens ne soutiennent pas une telle initiative. La conseillère d'Etat Aung San Suu Kyi dirige le gouvernement birman, elle est lauréate du prix Nobel de la paix, elle a demandé du temps pour gérer la crise dans l'Arakan, certains Etats européens ne souhaitent pas ternir son image alors qu'elle n'est au pouvoir que depuis un an à peine.

Cette position complaisante tranche avec la gravité des actes commis par les militaires birmans dans l'Arakan. Yanghee Lee parle par exemple d'enfants rohingyas brûlés vifs. « Exagéré », répond un porte-parole du parti politique d'Aung San Suu Kyi. Pour lui, la crise dans l'Etat de l'Arakan est une affaire interne au pays. En d'autres termes, une affaire dont le Conseil des droits de l'homme n'a pas à se mêler.

Par Rémy Favre - Radio France Internationale - 12 mars 2017