La dame de Rangoun a confirmé qu’elle était toujours soutenue par une majorité lors du dernier scrutin partiel même si d’autres formations politiques gagnent du terrain.

Le parti de l’ancienne opposante birmane a remporté près de la moitié des sièges au parlement national et dans les assemblées régionales.

Aung San Suu Khyi mène les affaires de son pays comme bon lui semble et surtout sans se soucier du “quand dira-t-on” des Nations Unies. Son parti, la National League for Democracy, la NLD, a conservé ses places dans les scrutins partiels se déroulant samedi autour de la capitale économique Rangoun ainsi que dans les régions centrales.

La majorité parlementaire de la NLD n’est donc pas menacée même si, ça et là, dans le cadre des 19 sièges à pourvoir, certaines défaites semblent annoncer les menaces à venir pour le parti d’Aung San Suu Khyi… En effet, la NLD a été défaite par des partis “ethniques” dans plusieurs États, c’est-à-dire des partis représentant les autochtones et qui sont généralement liés aux guérillas. C’est le cas notamment dans l’État de Rakhine à l’ouest du pays où c’est un leader local très hostile aux minorités musulmanes Rohingya qui l’a emporté.

Autre défaite, plus inquiétante dans l’État Mon au sud du pays face à l’USDP, le mouvement soutenu par la junte militaire. Une région où la ligue pour la démocratie avait pourtant gagné il y a un an.

Les raisons de ce léger recul ne sont pas à chercher du côté du traitement des minorités Rohingya puisque les répressions sont voulues par l’ethnie majoritaire birmane à laquelle appartient Aung San Suu Khyi. La vraie cause du recule de la dame de Rangoun est plus à chercher du côté de l’échec de cette dernière à faire face aux défis économiques de son pays et du côté de son incapacité à apaiser les tensions entre l’armée et les guérillas ethniques.

En effet dans tous les États, les guérillas restent prêtes au conflit quand elles ne sont pas encore ouvertement en guerre contre l’armée birmane. Une armée birmane qui est toujours coupable de violences, de trafic et d’expropriations arbitraires.

Face à cela Aung San Suu Khyi n’a pas toute les cartes en mains puisque des pans entiers de l’économie sont toujours entre les mains des généraux et le système politique reste en partie bloqué par la junte. Le décollage économique tant attendu n’a pas non plus eu lieu pour tout le monde et certains électeurs commencent à s’impatienter. D’autant qu’un retour de la junte au pouvoir via son parti l’USDP n’empêcherait pas une embellie économique.

Face aux critiques occidentales, la dame de Rangoun ne changera pas de position en revanche elle devra rapidement répondre aux exigences économique de son peuple si elle ne veut pas que les prochaines élections lui échappent.

Breizh-info.com - 4 avril 2017